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Pierre Laurent portons haut et fort cette idée que nous ne voulons plus de cette monarchie présidentielle

Discours de Pierre Laurent, Secrétaire National du PCF

Rouen, le 27 novembre 2016 – Meeting de la Fête de l’Humanité en Normandie

Je suis heureux d’être ici aujourd’hui dans cette belle Fête. Cela fait plusieurs années que je n’y suis pas venu et donc je suis ravi d’avoir pu répondre favorablement à l’invitation des Fédérations qui m’ont demandé de m’exprimer devant vous.

Je voudrais tout d’abord dire quelques mots d’un événement mondial. Je veux parler de la disparition de Fidel Castro. Une fois encore d’ailleurs, je remarque que nos télévisions sont un peu à côté de la plaque. Elles montrent en boucle depuis hier – parmi beaucoup d’autres choses plus respectables – quelques images un peu indécentes d’exilés cubains qui sabrent le champagne pour la disparition de Fidel Castro.

Alors même que ce qui va être, et nous allons le voir dans les jours à venir, l’événement marquant, c’est l’émotion populaire suscitée par sa disparition, dans l’île de Cuba, à travers toute l’Amérique latine et, probablement, dans beaucoup de pays du monde. Et c’est bien normal parce que Fidel Castro a été celui qui a conduit la révolution cubaine en 1959 à une époque où Cuba était une sorte de dictature qui était dirigée par un général, Batista. Et Cuba était à cette époque une sorte de grand bordel des Etats-Unis, un endroit où les riches américains venaient jouer au casino, se défouler. Et Fidel Castro et ses camarades ont pris la tête d’une révolution qui a rendu sa dignité au peuple cubain qui a affirmé au nez et à la barbe des Etats-Unis à quelques dizaines de kilomètres des côtes américaines l’indépendance d’un pays à un moment où les Etats-Unis considéraient l’ensemble de l’Amérique centrale et de l’Amérique latine comme une arrière-cour dans laquelle ils feraient la loi comme ils le voulaient.

Et malgré l’embargo décrété par les Etats-Unis dès le premier jour, et qui existe encore car même s’il a été assoupli récemment par Obama l’embargo n’a pas encore été totalement levé par les Etats-Unis. Il y a quelques inquiétudes à avoir à ce propos, avec les déclarations inquiétantes de Donald Trump. Et bien malgré cela cette île a résisté, la Révolution cubaine a résisté, Fidel Castro en tête, et c’est devenu un exemple pour beaucoup de peuples. Et cet exemple-là a ces dernières années inspiré beaucoup des luttes menées dans toute l’Amérique latine. Je pense qu’il était important, devant vous, de saluer sa mémoire. Et nous participerons la semaine qui vient à l’ensemble des hommages qui vont lui être rendus en France, à Cuba, et dans le reste des pays du monde.

C’est évidemment et vous comprendrez que je veux concentrer mon propos sur les batailles à mener dans l’année qui vient. En ce moment, le débat politique ces dernières semaines a été envahi par les primaires de la droite. Et ce soir nous connaitrons le nom de celui qui conduira la bataille de la droite à l’élection présidentielle. Evidemment, il y a des gens qui se réjouissent de ce qui s’est passé dimanche dernier parce que Nicolas Sarkozy a été en quelques sortes karcherisé par sa propre famille politique. Nicolas Sarkozy ne deviendra pas le Berlusconi hexagonal, ce dont il rêvait avec un retour pour un deuxième mandat après celui qui l’avait conduit à la défaite en 2012.

Evidemment ce n’est pas moi et ce n’est pas vous qui allez le regretter dans la vie politique française. Mais évidemment, nous ne pouvons pas en rester là parce que la percée de celui que Nicolas Sarkozy appelait son « collaborateur » et qui a été ce premier ministre fidèle du premier jour au dernier jour du quinquennat Sarkozy, François Fillon n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour notre pays. Et tout ce que nous avons entendu du programme de François Fillon et du programme des autres candidats de la droite qui lui était entre guillemets « opposé » à tout lieu de nous inquiéter parce que ce qui se prépare si ces forces reviennent à la direction du pays c’est un choc ultra libéral d’une violence inouïe.

Il faut bien mesurer je crois ces dernières semaines ce qui était jusque-là sous-estimé parce que François Fillon était resté dans l’ombre de cette campagne des primaires. En tout cas dans l’ombre médiatique de cette campagne primaire et donc beaucoup de gens n’avaient pas porté attention avec suffisamment de précisions à ce programme. Beaucoup de gens ont découvert la violence de ce programme ces jours derniers. Mais aussi découvert que les forces qui l’ont porté en tête de la primaire sont des forces extrêmement rétrogrades. Celles qui ont aussi conduit les grandes mobilisations de la manif pour tous avec tous les slogans extrêmement inquiétants qui étaient les leurs à ce moment-là.

C’est donc une droite ultra libérale, extrêmement rétrograde sur le plan des questions de société qui est en train de s’avancer dans notre pays après d’autres pays européens. Et bien évidemment il n’est pour nous, pas question de minimiser ce danger pour notre pays. Pour ne prendre qu’un seul exemple : mais il y en a malheureusement beaucoup d’autres dans son programme, si on applique à la lettre ce qu’annonce François Fillon : c’est-à-dire la suppression de 500.000 fonctionnaires et qu’on additionne à cela ce qu’il propose en matière de sécurité sociale, ce sera purement et simplement la disparition de l’hôpital public et son remplacement par un immense programme de privatisations de la santé dans notre pays. Et ça nous ne pouvons pas l’accepter.

Avec François Fillon, avec ses alliés de droite qui le rejoindront et bien, nous assisterons à la destruction pure et simple de la sécurité sociale et de la plupart des services publics. Le danger et donc là, il est immense ! Et c’est évidemment en fonction de lui, de ce danger, que toutes nos décisions doivent être prises, car ce danger est évidemment une menace qui pèse lourdement. Nous n’avons absolument pas la mémoire courte, nous savons ce que Sarkozy et Fillon, ensemble main dans la main, ont fait pendant 5 ans.

Je parlais de ce qu’ils ambitionnent de faire. Mais nous savons que les 150.000 postes de fonctionnaires qu’ils ont supprimés pendant leur quinquennat, nous en souffrons encore aujourd’hui. Et malheureusement, nous le savons tous, le gouvernement de François Hollande n’a pas rétabli ces postes de fonctionnaires, en partie au départ dans l’Education nationale et puis, tardivement, dans la police à la suite des attentats. Mais dans beaucoup beaucoup de secteurs, beaucoup de services publics, ces coupes claires dans le nombre de fonctionnaires se payent chères, encore très chères.

Dans l’Education où le couple Sarkozy Fillon avait détruit la formation des enseignants et stoppé le recrutement des enseignants. Dans les hôpitaux où les emplois manquent partout. Dans les politiques de prévention pour la jeunesse ou l’éducation dans les territoires. Sur toutes ces questions évidemment nous nous souvenons tous avec douleur de la saignée que ça représentait. Mais nous avons conscience que s’ils reviennent, c’est en quelque sorte, terminer avec une violence inouïe tout ce qu’ils n’ont pas réussi à faire pendant qu’ils étaient à ce moment-là au pouvoir.

D’autant que ce qu’ils annoncent, et il faut bien en prendre conscience, ce n’est pas seulement ces politiques anti sociales et ultralibérales, mais c’est un tournant autoritaire d’une très grande gravité. Puisque Fillon le premier et il n’était pas le seul, c’était un des points communs de l’ensemble des candidats de droite, annonce d’ores et déjà qu’il gouvernera non pas à travers le parlement, mais qu’il gouvernerait par ordonnances. Et cela pendant des mois et des mois ! Jusqu’à pouvoir appliquer de manière totalement autoritaire et antidémocratique l’essentiel de leur programme.

Je vous confie une anecdote : enfin pas une anecdote, une information qui n’est pas publique : le président du Sénat qui est un filloniste, Gérard Larcher, nous confiait comme une confidence ces jours-ci que le Parlement pourrait siéger jusqu’au 22 août si François Fillon était élu. Cela veut dire qu’ils veulent utiliser tout l’été s’ils reviennent au pouvoir pour imposer, en l’espace de deux mois, l’intégralité ou la quasi-totalité des mesures qu’ils annoncent dans leur programme. Ce serait donc un retour d’une brutalité inouïe. Et évidemment, nous ne pouvons pas laisser faire. Nous ne pouvons pas laisser faire, parce que ce n’est absolument pas ce que la France a besoin. Vous connaissez comme moi, les souffrances qui sont celles de beaucoup de nos concitoyens. Vous connaissez comme moi, la situation des services publics. Vous connaissez comme moi, le besoin de relance de l’ensemble de notre industrie nationale. Vous connaissez comme moi, les besoins d’investir massivement dans l’Education, dans la culture, dans la reconstruction des solidarités nationales. Nous avons donc besoin d’une ambition sociale, d’une ambition de transition écologique, d’une ambition de politique industrielle, qui peut seule sortir le pays, la France de la crise dans laquelle les politiques libérales l’ont plongée. Et ces dirigeants-là veulent évidemment faire tout le contraire et nous conduiraient s’ils revenaient au pouvoir dans une situation plus grave du pays.

Nous devons donc avoir conscience que le zèle qu’ils sont prêts à déployer pour servir les puissances de l’argent n’a jamais connu une telle ampleur. Et ces inégalités qui concentrent les richesses dans les mains de quelques-uns sont à l’origine de la situation actuelle. Nous ne sommes pas, ce que disait Fillon lui-même, à la fin du quinquennat Sarkozy, dans un pays où les caisses sont vides. Plus exactement, celles qui sont vides sont peut-être des fois, celles de l’Etat à cause des politiques qui sont menées. Mais parce que les caisses des actionnaires de ceux qui touchent les dividendes des grandes multinationales, elles, débordent.

Récemment encore, à la tribune du Parlement, le ministre de l’économie Michel Sapin reconnaissait qu’avec les mesurettes qu’ils avaient prises, ils avaient fait rentrer 22 milliards dans les caisses publiques. Mais nous savons que l’évasion fiscale est d’une tout autre ampleur. Et comme l’ont montré ceux qu’on appelle désormais les « frères Bocquet » Alain Bocquet le député et Eric Bocquet le Sénateur, dans le livre qu’ils ont publié, les sommes qui échappent chaque année à l’impôt sont considérables et elles sont concentrées dans les paradis fiscaux. Dans tous les systèmes de holding financiers des grandes entreprises des milliards ont échappé au financement des politiques publiques.

Nous sommes en quelque sorte assis sur des richesses considérables mais ces richesses sont confisquées. Et cette politique de classe qui est déployée avec toujours plus de brutalité c’est celle-là qui est à l’origine de la crise et c’est celle-là que nous voulons combattre. En vérité, comme l’a révélé un rapport d’Oxfam international, c’est 1% des gens qui possèdent autant que les 99 autres % de gens. Et c’est cette réalité qu’ils veulent sans cesse masquer.

Derrière parfois un discours qui peut séduire et qui est un discours qui dénonce, ce qu’on appelle maintenant les élites, mais le problème c’est que derrière ce mot on met parfois tout et n’importe quoi. Ce mot des élites souvent désigné à la vindicte il sert à désigner pelle mêle parfois ces forces de l’argent mais aussi parfois les élus qui n’ont rien à voir avec ce système-là, parfois à désigner d’une manière indistincte ce que certains appellent la classe politique, alors qu’en vérité la vie politique et les responsables politiques sont traversés de différences très importantes. C’est le cas entre la droite et la gauche, mais également entre les communistes et les autres forces. Donc en vérité, il faut mettre des mots plus précis sur ces réalités. Oui il y a bien des élites et des oligarchies. Mais ces élites et ces oligarchies sont celles de la finance. Sont celles qui servent les marchés. Qui servent les multinationales. Et c’est ce pouvoir de classe qu’il faut dénoncer pour contribuer au développement des richesses nationales.

 

Alors nous avons l’intention de mener des batailles politiques qui s’annoncent en 2017 en dénonçant ces pouvoirs-là et en faisant la démonstration qu’il n’y aura pas de sortie de crise sans s’attaquer à ces pouvoirs-là. Et nous ne laisserons pas se développer des réponses qui sont de fausses réponses à la situation actuelle. Une des spécialistes de ça, évidemment, c’est Marine Le Pen. Dans beaucoup de pays, la dénonciation du système comme on dit parfois de manière assez vague, sert à nourrir des forces qui se présentent comme des soi-disant remparts à ce système et qui sont en vérité des produits de ce système. Et Marine Le Pen et le Front national font partie de ces forces-là. Il est d’ailleurs très intéressant de voir avec quel triomphe Marine Le Pen a salué l’élection de Donald Trump, comme si le salut du monde du travail pouvait advenir de milliardaires richissimes, sexistes, racistes et qui vient pour ce qui est de Donald Trump, prendre la tête des Etats-Unis. Mais il n’y a pas qu’aux Etats-Unis qu’on voit ça se produire, cela se produit en ce moment dans plusieurs pays européens. Mais avec ces réponses-là on détourne la colère populaire.

Ils détournent la colère populaire avec des réponses qui s’habillent d’une idéologie anti système, mais qui, en vérité, visent à préserver dans des guerres économiques capitalistes de plus en plus violences ; dans des nationalismes dont nous savons par expérience qu’ils peuvent conduire à la guerre, surtout quand ils sont accompagnés d’idéologie raciste. Comme c’est le cas de Donald Trump ou de Marine Le Pen qui divisent le monde du travail, les travailleurs du monde entier au lieu de les unir dans la lutte contre le pouvoir des multinationales.

Ces dangers-là, mélangés à celui d’une droite ultra réactionnaire, et celui des idéologies racistes du Front National, sont en train de produire en quelques sortes des nouveaux monstres. Et ces forces se présentent comme des forces antisystèmes et qui sont en vérité de véritables pièges pour ceux qui essayent d’échapper aux alternances piégées dans lesquels on les a enfermés toutes ces dernières années. L’élection de Donald Trump est un bon exemple de ça, mais nous ne sommes pas à l’abri de telles situations. Ni en France, ni dans aucun autre pays européen. Ni dans d’autres pays du monde. Et je crois que nous devons être en alerte sur ces questions.

Oui, ce qui menace, c’est vraiment je l’ai dit l’arrivée au pouvoir de forces ultra réactionnaires de droite qui sont prêts à enfourcher, avec l’aide du Front National, tous les thèmes les plus rétrogrades. Et ce qui est en train de se passer, permettez-moi d’en dire un mot, parce que la veille de l’ouverture de cette Fête c’était la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, toutes ces forces sont en train d’enfourcher les thèses les plus rétrogrades sur la question de l’égalité femmes/hommes. En Europe, le droit à l’IVG est mis en cause maintenant dans plusieurs pays de manière tout à fait directe. Et on a pu voir ce qui s’est passé en Pologne avec un pouvoir actuellement en place qui essaye non pas de limiter comme le disent parfois certains réactionnaires, mais maintenant d’interdire purement et simplement le droit à l’IVG. Ils veulent revenir totalement en arrière sur ça. Mais de très nombreuses forces enfourchent ces thèses. Et il y a tout lieu de s’inquiéter sur les forces qui soutiennent François Fillon, en tout cas des forces qui lors des manifestations de « la manif pour tous » avaient développé ces thèses comme on dit maintenant de manière décomplexées. Avec des déclarations machistes et sexistes particulièrement inquiétantes.

Donc je crois que nous devons être mobilisés et en éveil pour combattre ces forces pour construire un autre avenir pour notre pays. Alors, nous le savons, pour construire un autre avenir, c’est forcément dans la situation que nous connaissons ouvrir la voie à des solutions qui s’attaquent réellement aux pouvoirs de l’argent, qui ne renonce pas à lutter avec courage contre les forces de la finances, qui reprenne le chemin de véritables politiques de solidarité, qui cessent de stigmatiser les services publics et la dépense publique.

Evidemment, construire ce nouvel espoir, ça ne peut en aucun cas, de près ou de loin, emprunter les pas de ceux qui nous ont conduit à cette catastrophe et qui ont trahi tous les idéaux de gauche dans la foulée des Gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls. Et il n’y a aucun espoir de pouvoir combattre la menace qui existe avec la droite et avec l’extrême droite, en renouvelant de telles expériences. Ce que nous voulons construire, en rassemblant le maximum de forces dans ce pays, c’est une alternative d’espoir, une alternative à ces politiques d’austérité.

Ce que nous voulons c’est rassembler à nouveau avec les propositions qui sont les nôtres les forces disponibles dans notre pays, des forces qui très souvent luttent un peu partout dans le pays, qui expérimentent de nouvelles manières de construire de la solidarité. Des forces qui défendent avec leur commune l’échelon de démocratie le plus proche des citoyens. Toutes ces forces qui sont en France, très nombreuses, nous le voyons tous les jours à travers les luttes qui se développement dans le pays, nous les avons vu se lever au printemps dernier ces forces qui se sont mobilisées contre la loi Travail. Nous voulons les remettre en marche pour leur ouvrir un nouvel espoir politique.

Et c’est le sens de ces discussions que nous avons eu ces dernières semaines. Comment réussir cela dans la période que nous connaissons, dans cette situation si difficile ? Pour le faire, nous avons en fait décidé tous ensemble des choses importantes. Il faut que les communistes se mettent, des mois durant, dans tous les mois qui viennent, jusqu’à l’élection présidentielle, jusqu’aux élections législatives, jusqu’aux élections sénatoriales, lorsqu’elles auront lieu en septembre, et dans tous les mois qui suivront parce que ce sera une bataille de longue haleine, nous devons nous mettre en campagne. Autour des idées et des solutions que nous allons rassembler, dans le texte que nous appelons « pacte d’engagement pour la France », et qui rassemble toutes ces propositions. Nous allons prendre des dispositions dans les jours qui viennent pour mettre à disposition de l’ensemble des militants et de l’ensemble des forces qui le souhaitent l’ensemble de ces propositions. Pour aller discuter pied à pied, argument par argument avec l’ensemble de nos concitoyens pour combattre les arguments de la droite et de l’extrême droite. Et avancer avec ces propositions vers le rassemblement et la mise en mouvement de ces forces sociales qui cherchent évidemment avec difficulté, à cause des dégâts considérables qu’a provoqué la politique de François Hollande dans la conscience de millions de concitoyens, et bien ils cherchent avec difficulté des chemins d’espoir dans cette situation. Nous allons le faire avec confiance parce que nous savons que ces forces existent.

Alors le choix que nous avons fait, d’avancer vers ce rassemblement, il a été discuté, et pour qu’il soit pertinent il doit rassembler trois conditions.

La première, c’est de porter des solutions comme celles que je viens d’évoquer. La seconde, c’est qu’il doit viser un rassemblement de très haut niveau, nous ne ferons pas face à la vague de droite et d’extrême droite qui existe actuellement en France et en Europe avec des rassemblements qui soient de petits rassemblements, qui se satisfassent de leur, entre guillemets, « radicalité », Il faut que nous soyons capables de conduire à nouveau de vastes rassemblements, des rassemblements qui visent à lever des millions et des millions de gens derrière eux pour pouvoir engager une contre-offensive qui les empêchera de conquérir le pouvoir et qui permettra de leur résister avec efficacité et de faire triompher à nouveau des idées de rassemblement.

La deuxième condition, c’est que pour conduire ce travail-là, nous ne pouvons pas commencer à diviser les forces que nous avions déjà rassemblées, que nous avions rassemblées en 2012, et que nous voulons évidemment continuer à entraîner dans notre combat.

Mais la troisième condition, et nous le savons pertinemment, qu’il ne suffira pas de s’en tenir là. Et le rassemblement que vise les communistes c’est un rassemblement qui mettra en mouvement les forces déjà rassemblées en 2012 mais beaucoup d’autres, bien d’autres, bien plus largement. Voilà pourquoi notre devoir est de ne pas renoncer à aucun moment à parler aux millions de concitoyens qui ont été trahis par François Hollande, qui cherchent encore des solutions, aux millions de concitoyens qui ne nous ont pas encore politiquement rejoints dans notre travail, mais qui étaient mobilisées, avec leurs organisations syndicales contre la loi Travail, qui sont engagées comme je l’ai dit, dans de multiples luttes.

Et donc, si notre décision – et vous savez que c’est notre décision depuis hier puisque la majorité des communistes qui se sont prononcés dans la consultation que nous avions organisé ont fait ce choix – si notre choix est d’organiser une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas parce que nous considérons que ce choix est une fin en soi, mais parce que nous voulons utiliser ce choix comme un levier pour aller beaucoup plus loin. Et voilà pourquoi les cadres actuels du début de la campagne de Jean-Luc Mélenchon ne nous conviennent pas, parce qu’ils sont trop étroits, et que nous voulons aller au-delà, et que le parti communiste, avec les forces dont il dispose, dont il dispose nationalement, dont il dispose dans tous les territoires, dont il dispose dans toutes les circonscriptions législatives, est capable de beaucoup plus, et de beaucoup mieux. Et c’est ce qui a fait du débat chez nous. Parce que certains camarades, et je les comprends, se disaient, même si ces cadres sont trop étroits, il faut emprunter ce chemin-là. Et bien il faudra l’emprunter, nous aussi, décomplexés, en étant les communistes que nous savons être, des communistes rassembleurs, combatifs, offensifs, qui ne veulent laisser personne sur le bord du chemin. Ni ceux qui se sont engagés dans cette voie-là, ni ceux qu’il faut continuer à rassembler. Et la campagne du Parti Communiste qui va se mener à partir d’aujourd’hui, à partir du choix que nous voulons faire, n’est pas un ralliement comme je l’entends ici ou là, c’est un choix offensif pour aller à la conquête de ce rassemblement, au moment où tant de gens en doutent.

Nous avons une responsabilité énorme, comme dans beaucoup de moments de notre histoire. Et face à la droite dangereuse, face à l’extrême droite qui essaie de tromper par millions le monde du travail dans notre pays, comme le font les forces d’extrême droite un en partout en Europe. Nous avons le devoir de continuer à poursuivre cet effort, avec l’ambition nécessaire. Et c’est là le sens profond du choix que nous avons fait, dans la consultation des communistes et c’est pour cela j’en suis certain, que dans la mise en œuvre de ce choix parce qu’au fond nous cherchons tous la même chose, l’ensemble des communistes qu’ils aient fait un choix ou qu’ils en aient fait un autre, vont unir leurs forces dans cette direction.

Et la dernière chose que je voudrai dire c’est qu’évidemment, dans ce combat-là, nous nous considérons que l’élection présidentielle est un moment essentiel. Mais que les élections législatives en sont un autre. Nous savons pertinemment que l’ensemble du système politique, l’ensemble des médias, vont ignorer cette échéance législative. Parce que tous accompagnent un modèle de la vie politique qui vise à écraser la démocratie. Et à tout assujettir à cette seule élection présidentielle qui est une caricature de démocratie.

Nous devons donc porter haut et fort cette idée que nous ne voulons plus de cette monarchie présidentielle et que si les citoyens de ce pays veulent retrouver du pouvoir, ils ne peuvent pas le faire seulement en cherchant désespérément l’homme ou la femme providentielle, celui ou celle qui va les sortir de cette situation. Ils ne peuvent le faire qu’en conquérant, partout ou c’est possible, le maximum de pouvoirs. Ils ne peuvent le faire qu’en trouvant, comme à l’assemblée nationale, au Sénat, comme ils le font dans leurs communes, des élus qui soient les relais de leurs combats, qui soient les porte-parole de leurs combats, pas des gens qui confisquent leur parole. Il faut des gens qui leur rendent du pouvoir. Et dans chacune de nos circonscriptions, les communistes sont capables, avec d’autres forces, en dialoguant avec ces autres forces, et avec toutes les énergies citoyennes disponibles dans les territoires, les énergies syndicales, associatives, nous sommes capables dans toutes les circonscriptions de France, de construire des candidatures qui seront porteuses de ces combats et de cette démarche.

Et donc le problème, ce n’est pas de savoir si ces femmes ou si ces hommes vont signer telle ou telle charte, le problème est de savoir si ces femmes et ces hommes sont près du peuple, prêts à relayer leurs combats, est-ce qu’ils sont capables de le faire avec l’éthique qui est la nôtre en politique ? C’est-à-dire la volonté de transparence par rapport aux citoyens, la volonté de ne pas trahir leur parole, et de rester fidèles à leurs combats jours et nuits comme nous savons le faire.

Et nous savons très bien que ces candidatures existent, vous avez ici dans ce département, avec Jean-Paul Lecoq, avec Hubert Wulfranc, avec Nathalie Nail, avec Sébastien Jumel, et avec beaucoup d’autres, des élus qui sont capables de conduire ces combats jusqu’à la victoire. Et le Département de Seine-Maritime, et les autres Départements de Normandie, vous êtes une région qui peut envoyer à l’assemblée nationale dans cette situation, des députés qui vont contribuer à tenir tête aux forces de droite et d’extrême droite. Et nous engageons ce combat avec cette ambition-là. Et rien ne nous fera renoncer à une telle ambition. Nous allons mener la campagne présidentielle et législative d’un même mouvement, avec la volonté de faire toutes les percées possibles de rassemblement, dans l’élection présidentielle et dans chaque circonscription législative pour arracher du pouvoir contre ceux qui veulent les confisquer au profit de la droite et de l’extrême droite et des forces de l’argent.

Et c’est tous ces combats que nous allons mener dans les semaines qui viennent, c’est tous ces combats que nous voulons engager après la décision que nous venons de prendre. Nous allons éditer une adresse à des millions d’exemplaires pour aller parler à l’ensemble des Français, pour leur dire le sens de nos choix, pour leur expliquer nos propositions et pour leur dire pourquoi et comment nous pouvons construire ces rassemblements. Nous avons la responsabilité de rendre de l’espoir et de la confiance à beaucoup de gens qui en manquent tant. Et bien je crois que nous sommes capables de le faire.

Et que les choix et le débat que nous avons eu, même s’il a été un débat partagé, permettra avec toutes les idées qui se sont exprimées dans ce débat, qui n’étaient pas les idées des uns contre les autres, mais qui étaient à chaque fois des idées versées au pot commun pour rendre efficace notre combat, nous allons le mener ce combat et avec détermination.

(Applaudissements)

Ce soir, je l’ai dit, nous connaitrons le nom du candidat de la droite, nous connaitrons donc notre adversaire, en tout cas il aura un nom. Nous savons aussi, je l’ai dit, que Marine Le Pen va chercher à tromper des millions de travailleurs. Et bien la gauche qui doit se lever et qui doit battre ces forces-là, cette gauche-là c’est à nous d’en initier la mobilisation, n’attendons pas de telle ou telle tractation, de telle ou telle discussion de sommet, de telle ou telle primaire, surtout aussi fumeuse que celle qui se prépare pour le mois de janvier, en tout cas pour ce qu’on en connait aujourd’hui.

N’attendons plus, il faut maintenant engager la bataille à partir des décisions que nous allons prendre, OUI il y a un énorme travail pour reconstruire l’espoir, et pour donner confiance à ces forces, mais je suis certain que nous sommes capables de le faire !

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