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Revenu ou salaire universel : un choix de société, avec Bernard FRIOT

le 15 May 2018

Revenu ou salaire universel : un choix de société, avec Bernard FRIOT

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Hommage à notre camarade Serge DESHERCES

Video de la conférence des frères Bocquet à Saint-Yrieix, 27 février 2018

Les Raisons de Lire GRAMSCI aujourd’hui, par André PRECIGOU

 

Les gardiens du temple du capitalisme ont déclaré : « ne craindre aujourd’hui que Marx et Gramsci ». En conséquence le capitalisme met en œuvre tous les moyens à sa disposition pour combattre leurs idées.

Marx est beaucoup plus connu que Gramsci, un des fondateurs du Parti Communiste Italien à Livourne en 1921. Cela tient à ce que dans les années 1920-1930 Gramsci subira l’hostilité de ceux qui dans le mouvement communiste préféraient le dogme en apparence rassurant à l’examen critique parfois douloureux.

Le dictateur fasciste Mussolini, lui, ne se trompera pas sur sa valeur en le faisant enfermer dans ses geôles sous prétexte « qu’il fallait à tout prix et pour longtemps empêcher ce cerveau de fonctionner ».

A cause de ses doutes très critiques à l’encontre du bien-fondé de la politique dogmatique de « L’Internationale Communiste » et de Staline, ces derniers le laisseront « crever » dans son cachot. Bien qu’il soit aujourd’hui reconnu qu’il aurait été possible de le tirer de là. Il n’en sera pas dupe. Ses gardiens narquois lui tiendront ces propos : « Il semble que vos camarades n’ont pas l’air très pressés de vous voir libre ».

Au-dessus de la porte d’entrée de la prison de Turi, la plaque commémorative en l’honneur de Gramsci rappelle qu’il est celui qui nous « libère », celui en qui les « esprits libres », (Pasolini), se reconnaissent : « Parce que sa pensée, qui est en elle, même rationalité critique, s’efforce de prendre en compte « la réalité effective » ; parce que Gramsci considère que tout , y compris sa propre pensée et sa propre action, s’inscrit dans une histoire jamais écrite d’avance ». (Jacques Ducol : - Gramsci, une pensée révolutionnaire -, page 559).

La pensée de Gramsci n‘est ni obscure, ni incompréhensible, mais au contraire très souvent d’une grande simplicité et d’une grande limpidité, toujours en prise avec la réalité. Pour ces raisons et bien d’autres, comme pour Marx, il semble indispensable, voire incontournable, de connaître les expériences vécues et les pensées de Gramsci, de les mettre en lumière pour éclairer aujourd’hui.

Prenons le phénomène mondial actuel qui se nomme « populisme ». Il est ancien et fortement ré émergeant depuis la crise de 2008. Comme à chaque fois dans l’histoire, il prend racine sur les frustrations et le désespoir des couches moyennes et populaires qui se voient paupérisées. Actuellement pour ne prendre que la France, il nous mène dans l’impasse. Ce que Macron ne voit pas, au contraire, d’un mauvais œil.

Ce phénomène est devenu une référence théorique fondamentale pour différents mouvements progressistes en Amérique du Sud, (Venezuela), Podemos en Espagne, Mélenchon et son mouvement la « France Insoumise » dans notre pays.

II est bon de rappeler que le populisme se rencontre également à droite et extrême droite: LRM, FN, …

Un des aspects le plus dangereux du populisme de gauche, comme de droite, est la Réfutation de la lutte des classes qui dans les deux cas débouche sur le Culte du chef.

Pour Gramsci, il va sans dire, que la lutte des classes existe bel et bien. Mais il nous met en garde sur le fait que : « …, elle ne disparaît pas une fois la classe ouvrière et les classes subalternes parvenues au pouvoir ». La précision est de taille. Elle va renforcer notre analyse sur le populisme.

            Précision : Contrairement à ceux qui soutiennent l’idée, la classe ouvrière n‘a pas disparu en France. Elle est                      tout simplement répartie autrement que les gros bataillons des années 1960 – 1970. La classe                          ouvrière représente donc encore 29% des actifs et 52% avec les employés.

Mais Gramsci de préciser : « Ce qui n’empêche nullement la recherche prioritaire du consensus le plus large pour assurer durablement sa pérennité sur la base des objectifs que la classe ouvrière aura réussi à faire reconnaître comme étant aussi ceux de toutes les classes autrefois subalternes, voire d’une partie des anciennes classes dirigeantes ».

C’est bien cette stratégie que met en place notre Parti actuellement.

Cependant, Gramsci met en garde, en indiquant que dans ces conditions cette victoire sera certainement : « … longue à venir, parce qu’elle dépend d’une multiplicité de facteurs tant objectifs que subjectifs, parce qu’il n’y a aucune fatalité dans le domaine de l’histoire ». En clair il n’y a pas de raccourci possible, envisageable, sinon c’est aller droit à la catastrophe.

Ce qui nous oblige à combattre sans concession aucune le populisme, ce concept qui date. Deux philosophes, Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, sont actuellement la boussole de la « France Insoumise » du mouvement de Mélenchon.

Laclau affirme : « Pour créer une volonté collective à partir de demandes hétérogènes (classes subalternes chez Gramsci, souligné par l’auteur A.P.) il faut un personnage qui puisse représenter leur unité, je crois donc qu’il ne peut y avoir de mouvement populiste sans leader, c’est évident ». Nous sommes ici très loin des analyses de Marx et de Gramsci.

Sous un apparent bon sens, facile et trompeur, se trouve en germe un terrible danger : l’idée d’un sauveur suprême, qui serait incontournable. L’histoire en a connu beaucoup de sauveurs suprêmes et on connaît le résultat !

A suivre Laclau et ses partisans, le fait de se mettre d’accord sur une simple alliance, reposant sans plus sur le fort mécontentement des classes subalternes, les fameux 99% écrasés par le système capitaliste ; cela comme stratégie suffirait à se débarrasser pour toujours de ce dernier. La suite se ferait d’elle-même sous le regard du « leader », ce « sauveur suprême ».

Mais après ?

Pour la mise en place du nouveau pouvoir, quel sera son orientation ? Les 99% étant, comme le dit Laclau, hétérogènes. Nombreux seront ceux qui auront prétention à faire prévaloir leurs propres intérêts. Quelle pétaudière ! Que décidera le « leader » ? Sans compter que le capitalisme verra dans cette situation une possibilité de manœuvrer. Sur ce point on peut lui faire confiance, il a une solide expérience.

Une fois encore, n‘allons-nous pas nous débarrasser d’une classe dominante pour retomber sous la coupe d’une autre ? En fait précisément les mêmes sous d’autres habits.

D’autant qu’un fait récent ne peut que nous alerter. Mélenchon qui se positionne comme le « leader », lors des élections en Corse a violemment condamné l’union de la gauche, allant jusqu’aux injures. Mais non content de s’en tenir là, a manifesté le désir de rencontrer et de discuter avec les Nationalistes. C’est-à-dire avec la droite et l’extrême droite, dont certains ont du sang sur les mains. Alors ? On le voit le populisme de gauche peut rejoindre celui de droite. Dans l’histoire ce ‘est pas un phénomène nouveau.

La « Note du Collectif Idées » : « Populisme de gauche : l’impasse » parue dans l’Humanité du 7 février 2018, déclare fort justement : « Il faut choisir entre – pouvoir citoyen – ou – culture du chef- ».

On peut lire également : « La personnalisation contamine toute la vie démocratique, comme si une personne seule comptait plus que l’intelligence collective sur tous les sujets. C’est une aberration et un anachronisme dans les sociétés complexes du XXIème siècle. Il y a besoin de collectif pour décider et contrôler ».

Ici on trouve une des réponses à l’avertissement de Gramsci, selon lequel la lutte des classes ne disparaît pas après la prise du pouvoir. Il faut construire du collectif pour décider et contrôler. Sinon on reviendra au point de départ.

Gramsci entend nous convaincre toujours et pour longtemps encore de ne pas oublier la nécessité de susciter et d’organiser les luttes, de prendre le temps de convaincre pour des transformations politiques, économiques et sociales profondes sur le chemin qui aboutira un jour à la disparition de la lutte des classes.

Antonio Gramsci fut un théoricien de la politique, mais fut un politique pratique, c’est-à-dire un combattant. Sa conception de la politique est éloignée à la fois de l’instrumentalisme, du moralisme et de l’élaboration doctrinale abstraits. C’est dans la politique que l’on doit chercher l’unité de vie de Gramsci, son point de départ et son point d’arrivée. La recherche, le travail, la lutte, le sacrifice sont les moments de cette unité.

Il nous aide à « penser par nous-mêmes ». Comme Marx, il est incontournable. Gramsci, c’est refuser la souveraineté et la domination sans partage du capital, c’est s’engager dans une véritable politique de gauche : « Ne pas laisser le capital régner, voilà ce qu’est être de gauche ».

Plus que jamais nous avons besoin de Gramsci.

André PRECIGOU.

° L’excellent ouvrage de Jacques Ducol que je recommande vivement est d’un grand confort de lecture, un vocabulaire à la portée de tous. La pensée de Gramsci touche à une nouvelle volonté collective capable de renverser la domination planétaire du capitalisme libéral, n’est-ce pas le problème majeur de notre époque ? La pensée de Gramsci peut nous aider à le résoudre : c’est en cela que pour beaucoup d’aspects elle est toujours vivante.

° Antonio Gramsci, une pensée révolutionnaire par Jacques Ducol professeur agrégé et docteur en philosophie

-  Editions Connaissances et Savoirs – 2016 - pages – 25 €uros.

 

 

Les militants PCF de Charente à la rencontre de Martine Pinville, à la Fête de l'Humanité

le 14 September 2016

Sur le stand de la Charente, nous avons reçu Martine PINVILLE, secrétaire d'Etat chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire. Notre échange a été fructueux sur les questions de l'avenir du FJT de Cognac, mais aussi autour de nos vives inquiétudes concernant l'avenir de LAFARGE à La Couronne ou de Leroy-Somer en Charente. Avec Christophe MAUVILLAIN, Nicolas BALEYNAUD, Michel JOUBERT, et grâce à la ténacité de Sylvain MINBIOLLE, le débat a été courtois mais vif quand nous lui avons rappelé notre opposition déterminée à la loi El Khomri.

Christiane TAUBIRA, Christophe ALÉVÊQUE et les jeunes bénévoles du stand de la Charente en conversation  sur l’égalité hommes-femmes, la  notion d’engagement, le statut des intermittents, la création et la culture. Un grand moment de  partage.

 

 

 
 

 
 

 
 
Parti Communiste, Fédération de la Charente: 150 Rue de Paris 16000 Angoulême