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Louis Ferrand, un homme droit dans la tourmente

 




  • Le docteur Louis FERRAND (1917  1991)
    
    fut Maire de COULGENS (1944  1947)
    
    
    
    
                       Si Coulgens jette un coup d’œil dans le rétroviseur, elle apercevra trois figures marquantes au XXème siècle : une institutrice, un curé, un médecin. Dénominateur commun : ce trio a officié à la même époque trouble, celle de l'occupation allemande. Nous avons déjà retracé ici le parcours de la lumineuse Marguerite COMBES, inhumée au cimetière et plus connue des Charentais sous son pseudonyme de poétesse «  Marie Gounin  » (1).
                       Second incontournable, l'abbé BEAU, historien local, a consacré deux ouvrages à Coulgens et un à La Rochette, édités en 1929, 1930 et 1932 par "Le petit Courrier" à La Rochefoucauld ; les archives départementales de la Charente sont également dépositaires d'un fonds manuscrit laissé par le prêtre à la réputation controversée (2).
                       Le troisième larron a terminé de belle façon son périple à Angoulême/Soyaux, après s'être attardé  à Coulgens. Nous allons tenter de rééclairer les différentes facettes de cet homme multiple.
    
    
    
    
    I  Une jeunesse Charentaise et Bordelaise
    
    
    
                       Louis FERRAND est né à Mansle en 1917. Petit-fils d'agriculteurs, il descend en effet d'une famille de paysans ruralement implantés sur la commune de Saint Mary (3).
    
    
                       Il arrivera bambin à Angoulême en 1919 et fréquentera l'école primaire de l'Houmeau (aujourd'hui école élémentaire "Paul Bert", rue Fontaine du Lizier) ; il poursuivra avec facilité des études secondaires au seul lycée public de garçons de la ville (Lycée dit "de Beaulieu", aujourd'hui "Guez de Balzac"). Il y aura entre autres comme compagnon de jeux, aux récréations, le futur journaliste-écrivain Claude Roy, originaire de Gondeville près de Jarnac (4) (5).
                        Dans l'entre-deux-guerres, le père de Louis est un modeste fabricant-négociant en chaussures ; il deviendra bientôt le manufacturier en vue d'une production qui, aux côtés du cognac et du papier, fera briller l'Angoumois hors de ses frontières.En effet, l'usine de chaussons charentais, dénommée "La Pantoufle d'Angoulême", installée à Soyaux, est devenue célèbre dans l'Hexagone pour sa réclame «  Pantoufles du docteur Louis  » à la veille de la seconde guerre mondiale. Elle tire évidemment cette dernière appellation contrôlée du prénom du fils (étudiant en médecine) de Gaston FERRAND (1892 – 1970), fondateur de l'entreprise en 1931. Notons pour les Rupificaldiens une similitude de parcours et d'élévation sociale : Théophile RONDINAUD, père de James, fut un des associés de Gaston FERRAND, pionnier promoteur de la confortable "Charentaise" (6).
    
    
                       Retenons aussi, pour mémoire, que l'instituteur Pierre BODET – futur co-fondateur et directeur de La Charente Libre jusqu'en 1960 – fut aide-comptable de la Pantoufle FERRAND pendant la dernière guerre, après sa révocation en 1941 par le gouvernement de Vichy (7). Le motif retenu – comme pour Jean TALBERT (8) – était l'appartenance à la franc-maçonnerie Charentaise ; ils figuraient sur la même liste noire.
                       L'entrepreneur Gaston FERRAND serait qualifié aujourd'hui d'atypique, tant il dénote dans le milieu patronal Angoumoisin, fortement maréchaliste à l'époque. Vous avez compris par le fait ci-dessus qu'il a opté, discrètement, à contre-courant, pour la Résistance subtile et active.
                       Le fils aurait-il influencé la démarche paternelle ? On peut le penser tant le jeune Louis, devenu Girondin en semaine, a surpris très tôt par ses "idées avancées" les jeunes bourgeois du "plateau", qui ont fait leurs humanités à Beaulieu. Il les trouve trop endormis ,,, dans leurs pantoufles ! Il est inscrit en médecine, à la Faculté de Bordeaux, depuis 1935 ; mais parallèlement à ses études prenantes, il s'engage (courageusement, car mineur) avec d'autres étudiants hardis, avec d'autres camarades convaincus de la nécessité de changements radicaux dans la société française. Il luttera alors sur deux fronts jumeaux, le premier à dimension internationale : contre la montée des fascismes et nazisme européens et pour le soutien à la jeune République Espagnole, le second aux contours hexagonaux : l'avènement du Front Populaire en 1936. Il oeuvrera sur ces deux terrains avec l'énergie bouillante de ses 19 ans. Il va sans dire, qu'il vivra plus tard l'Armistice comme une déchirante capitulation et qu'il s'évertuera dès lors à mobiliser son intelligence pour combattre – chaque fois que l'occasion lui en sera offerte – les options Pétainistes de collaboration et d'accompagnement de l'hitlérienne "solution finale".
    
    
                       Une simple anecdote, à la fois amusante et significative de sa détermination, suffit à dépeindre le tempérament du jeune carabin : en 1940, âgé de 23 ans, il défile lors d'une manifestation dans les rues de Bordeaux avec deux gaules... de pêche sur les épaules !! (3). Plus téméraire qu'il n'y paraît !...
    
    
    
    
    II  Médecin de campagne, médecin du maquis et maire de Coulgens (1944-1947)
    
    Après l'obtention de son doctorat, il s'installe dans la bourgade de Coulgens (411 habitants en 1950), où son épouse Renée est nommée institutrice à l'école publique primaire. Prenant la succession du Docteur BOUCHAUD décédé accidentellement et ce, en pleine occupation allemande, le jeune médecin va se dépenser sans compter pour soigner, réconforter, aider la population (1) (9). Il fait ses premières armes de médecin de campagne dans un contexte inhabituel de Charente occupée, rationnée, où survivre devient le maître-mot.Pour les plus démunis financièrement, il pratique déjà une médecine gratuite, ce qui va lui valoir d'être gratifié du qualificatif de «  médecin des pauvres  ».
    
    
                       Confronté journellement aux difficultés de ses patient(e)s (qui doivent dans cette sombre période faire précisément preuve de beaucoup de patience), il ne perd pas de vue un autre objectif tout aussi noble selon lui : vaincre l'occupant. Tout naturellement, il va répondre par la positive – au péril de sa vie quelquefois – aux sollicitations des maquis environnants qui sont assurés de services bénévoles, en toute discrétion.
     Redonnons des exemples gravés dans les mémoires :
    
              «  C'est lui qui ferma les yeux de Maxence SIMON tué par les Allemands à Saint Mary, au soir de l'accrochage du 04 février 1944. 
    
               «  C'est lui qui fit un faux certificat médical permettant à Madame BLANCHARD (de "Chez Renard" à Jauldes) de se sortir des griffes de la Gestapo, après la chute de l'avion américain Boeing  ("forteresse volante").
    
              «  C'est lui que consultait le groupe de maquisards "TINOT-CELLEFROUIN", basés à Valence et Cellefrouin  » (9)..., etc.
    
    En soignant de nombreux maquisards blessés – lors des combats de libération de la Charente – il sera sans conteste reconnu comme «  médecin de la Résistance  ». Dans les premiers jours de septembre 1944, il se retrouve tout naturellement président du Comité de Libération. C'est à ce titre qu'il doit d'être nommé maire de Coulgens ; son ami Henri PENIGAUD est maire-adjoint et 9 autres membres complètent le conseil municipal (10).  Ces 11 "élus", désignés, étaient assistés de 8 employés communaux rétribués : 1 secrétaire de mairie, 1 tambour-afficheur, 1 fossoyeur, 1 garde-champêtre, 1 porteur de télégrammes, 1 conducteur de corbillard, 1 préposé au pesage (bascule) et 1 balayeuse de classes (sic).  Au crédit de cette équipe, on retiendra les deux réalisations prioritaires (et salubres) de l'époque pour ce village aux minces possibilités financières :
    
    –        l'adhésion au Syndicat d'Etudes, futur Syndicat d'alimentation en eau potable,
    
    –        l'installation des premières lampes d'éclairage public dans le bourg (9).
    
    
     Lors des élections générales du 2 novembre 1947, Louis passe le flambeau à son ami Henri PENIGAUD (qui est élu maire de la commune), avant d'aller s'installer "en ville", à Angoulême.  En guise d'hommage et de reconnaissance posthume, la rue du bourg qui longe la place de la mairie porte désormais le nom de "Louis Ferrand", depuis le 8 mai 1998 ; il y a déjà 13 ans (1) (9). Pour ne rien omettre de ce volet Coulgentais, il nous faut ajouter que Marie-Claude, fille unique de Renée et Louis – future spécialiste en gynécologie-obstétrique – a bien sûr fréquenté les bancs de la communale. Gageons que la future rue, desservant un futur lotissement, portera le nom de Marie- Claude LESCURAT.
    
    
    
    
    III  Le Pionnier Charentais de l'Accouchement «  sans douleur  »
     En 1947,  l'auréole de "médecin de la Résistance" demeure, mais c'est l'étiquette "médecin des pauvres" qui s'accroche à sa serviette lorsqu'il sillonne à pied les rues mal famées du Vieil Angoulême (11), très loin d'être réhabilité comme aujourd'hui.  Résidant rue des 3 Fours  - îlot devenu chic au XXIème - (12) il est à pied d'oeuvre pour secourir les familles déshéritées du quartier. Il en soigne beaucoup gratuitement et donne même l'argent nécessaire à certaines pour l'achat de médicaments (3) (9).  S'agissant de la gratuité qu'il pratiquait journellement (à la manière d'un Abbé Pierre, «  médecin des âmes  »), un praticien honoraire nous disait même, au cours de notre enquête, qu'en 2011 - sous-entendu : où l'argent domine dans les relations humaines - «  il aurait des problèmes avec l'Ordre des Médecins  », … devenu vraisemblablement moins humain et moins tolérant ? (NDA).   Trentenaire, notre actif toubib généraliste poursuit toujours sa formation sur le terrain et aussi dans les ouvrages professionnels ; en résistant tant à l'embourgeoisement social qu'à l'endormissement des neurones. Ayant pratiqué les accouchements - toujours appelé en urgence dans la campagne Coulgentaise ou en ville - il souhaite se perfectionner dans le domaine spécialisé de l'obstétrique.
    
     Les travaux du parisien docteur Fernand LAMAZE - résolument novateurs  voire révolutionnaires dans les années 1950 - réveillent sa soif d'apprendre tout en lui offrant la possibilité d'une expérimentation moderne, nouvelle : la "méthode psycho-prophylactique" (dite M.P.P. dans le jargon médical) (13), pratiquée à partir du sixième mois de la grossesse. Louis se résous à se mettre sans tarder à l'école de cette science nouvelle ; même si cela doit sérieusement bousculer la tradition judéo-chrétienne charentaise, s'appuyant autrefois sur les paroles bibliques : "Tu enfanteras dans la douleur" ! Son livre de chevet, après des journées harassantes, est le bouquin du premier pionnier français de la M.P.P. (14), le docteur LAMAZE qui a fondé en 1947 la "Maternité du Métallurgiste" à Paris. Au cours d'un voyage médical à Léningrad, pendant l'été 1951, ce dernier assiste - après trente ans de pratique obstétricale - dans le service du Professeur A. NICOLAIEV (qui avait modernisé la M.P.P. primitive, due à Ivan PAVLOV, prix Nobel de médecine 1904) à son premier accouchement dit "sans douleur" (14). L'ouvrage technique, pratique (organisation), pédagogique (éducation des femmes), jette les bases théoriques d'une lutte efficace contre les douleurs de l'accouchement ; il est empreint - pour le profane lecteur masculin - d'une grande humanité. Un modèle de psycho-pédagogie (14) (cf photo).
    
    
                            A l'image du scepticisme qui entoura naguère les trouvailles  - plus progressistes que "pantouflardes" - de son Gaston de père, Louis se heurtera d'abord (pour ensuite le convaincre) au milieu médical Angoumoisin, réticent à l'égard d'une formule, qui certes soulage les souffrances de la femme, mais a le terrible désavantage de ne pas venir d'outre-atlantique, de l'ouest ; mais de l'Est ! Et ce en pleine "guerre froide". Pensez donc !... L'ouverture d'esprit fait quelquefois défaut à nos autochtones.  La France n'est pourtant pas la seule à adopter cette méthode "bouleversifiante" ; d'autres nations s'y essaient : la Belgique, le Brésil, la Chine, Cuba, l'Espagne, la Hollande, l'Inde, la Suisse... avant qu'elle ne soit universellement reconnue (9).  Opiniâtre, déterminé, Louis deviendra en Charente, le continuateur, l'adepte de LAMAZE - qui avec son équipe de pointe (7 obstétriciens connus et reconnus dans la région parisienne) de la "Maternité du Métallurgiste" a francisé la M.P.P. de NICOLAIEV - pour le mieux-être des parturientes... angoumoisines.  Que va jouer la position du Pape, après 4 années de débat et de violentes controverses, dans les hautes sphères médicales françaises ?
    
    Les 2 clans s'entre-déchirent à longueur d'articles dans les revues professionnelles et fin 1955 celui des "contre" la M.P.P. reste majoritaire, mais perd chaque jour du terrain face aux réussites enregistrées en Ile de France par la "Métallurgie" ! (sic). Pie XII, en monarque, va prendre tout le monde (et surtout son propre camp) à contre-pied. C'est LAMAZE qui nous l'apprend, par une note de bas de page, ajoutée à la préface (14) : «  Le 8 janvier 1956, devant 700 gynécologues du monde entier réunis au Vatican, le Pape Pie XII, au long d'un discours d'une remarquable objectivité et d'une discrimination savamment motivée, donnait son approbation plénière à la M.P.P. d'accouchement sans douleur  » (sic).
    
    
                            Louis Ferrand n'a pas attendu la bénédiction papale ; il a depuis belle lurette pris l'option progressiste et féministe. La clinique-maternité qu'il ouvre à Soyaux en 1954-1955 porte son nom, ou l'appellation "Chalet de Beaumont", ou encore "Clinique de Beaumont". Elle sera son banc d'essai et très vite le succès va venir récompenser des années d'obstination, de sérieux et d'efforts. Avec ses assistant(e)s, il mettra plus de 25 000 enfants au monde , dans sa longue carrière...  Les chiffres ne parlent souvent pas ; mais celui-ci aide à mieux comprendre la reconnaissance, le respect, voire la ferveur, manifestés à l'égard du "Docteur Ferrand". (S'agissant de la grammaire, le masculin l'emporte ; s'agissant de la ferveur qui précède : le féminin l'emporte).  Si bien qu'il reste dans beaucoup de foyers Angoumoisins - et même dans les départements limitrophes ; nous connaissons des exemples en Périgord et en Saintonge -  des liens, des traces : notes de séances de préparation à l'accouchement, papiers médicaux divers, des clichés (en noir et blanc ou en couleur) à l'unité, des albums complets des premières photos entourant la naissance. L'épouse d'un historien Ruellois, conserve même précieusement un disque 33 tours de présentation et de préparation à "l'accouchement sans douleur" (15).
    
    
     Le principal intéressé nous a laissé comme trace posthume un livret, modeste dans sa présentation, mais précis, concis dans son contenu : ''Conseils de Puériculture, à nos jeunes mamans". Dans ces recommandations, retouchées et affinées au fil des années de pratique, transparaît très synthétiquement sa démarche médicale, sanitaire, empreinte d'une grande humanité (16)(cf photo).   Ne passons pas sous silence un élément majeur dans la démarche gagnante, humainement, de Louis FERRAND : la générosité, associée à la gratuité des soins :
    
    
                            1° - les séances de préparation à l'accouchement (pas seulement gymniques) de fin de  semaine étaient gratuites ;
    
                            2° - le dimanche matin, les nourrissons étaient soignés gratuitement ;
    
                        3° - lors du suivi pédiatrique (lorsque les mères ne pouvaient se déplacer) les visites étaient  gratuites pour les familles démunies (3).
    
    L' Ordre des Médecins devait déjà s'en arracher les cheveux (voir remarque op. cit.)
    
    
                       Pour clore ce volet M.P.P., en dernier hommage, Louis obtiendra - non sans mal - de la municipalité de Soyaux que la petite rue, qui conduit de la rue de Périgueux au "Chalet de Beaumont" soit rebaptisée "rue du docteur Fernand LAMAZE"  (17) afin de saluer le propagateur français, le bienfaiteur, son maître, son chaleureux confrère.
    
    
    ***
    
    
                        Après la bataille de la M.P.P., il y eut celle de "la pilule", puis celle de l'I.V.G. (Interruption Volontaire de Grossesse) !!
    
    Nous abrégeons ces combats qui s'étalent sur une quinzaine d'années, mais très tôt notre battant se retrouve au premier rang de la lutte pour la contraception et le libre choix de la maternité. Précisons qu'il est d'abord un des premiers partisans de la "pilule contraceptive" en Charente.   S'agissant ensuite de l'avortement, il ne peut ignorer un constant journalier : les Angoumoisines argentées passent les frontières pour se rendre en Suisse et en Grande-Bretagne et les défavorisées sont livrées sur le sol Charentais à des pratiques clandestines, au péril de leur vie. Compte tenu de cette indéniable réalité, il souhaitait que les interventions soient médicalisées, sécurisées, et que le législateur officialise, légifère, que le gouvernement règlemente et... in fine, que les médecins opèrent !  Dans son bureau, était affichée cette pensée d'un autre Louis (PASTEUR) : «  Je ne te demande ni tes opinions, ni ta religion, mais quelle est ta souffrance  !» (9).  On le trouvera, aux côtés des intellectuels courageux et des mouvements de femmes (pas seulement le M.L.F.), signataire de milliers de différentes pétitions. Même s'il y a prescription aujourd'hui (40 ans après) on nous a rapporté qu'il serait devenu malgré lui "roi de l'I.V.G." ; nous ne possédons évidemment aucun écrit pour confirmer ou infirmer cette version des faits. Ce qui apparaît comme très probable - en le découvrant dans cette enquête a posteriori - c'est qu'il ne souhaitait plus voir les femmes mourir en se faisant avorter. La loi dite Simone VEIL, du 28 novembre 1974, autorisera l'I.V.G., mettra fin à des querelles vieilles de 20 ans et mettra surtout fin à la clandestinité.
    
    
     Clôturons cette page par la relation concrète d'un échange du docteur en campagne (électorale cette fois, lors des législatives de 1978) avec les ouvrières d'une usine "en lutte" : "Télémécanique" aux Agriers à Angoulême (18). Suite à une question médicale posée, il aborda le sujet avec calme et tolérance : «  Vous avez votre destin en main ; entre vos mains   », «  c'est vous qui gérez votre vie, votre corps  », «  selon le désir de chacune, de chaque couple, j'accompagne la naissance désirée, comme l'interruption désirée  » (sic). La distribution de tracts avait provoqué, aux yeux du délégué, un surprenant engouement féminin. Une nuée d'admiratrices s'était précipitée - toutes opinions confondues - aux portes "  de la boîte" (sic) (18).
    
    
    
    
    IV  Militant du P.C.F, Militant de la Paix , Elu Angoumoisin
     L'exemple ci-dessus associe exercice de la médecine et militantisme en action (de la théorie à la pratique sur le terrain). Etudiant Bordelais, il militait déjà ; "Médecin de la Résistance", il militait aussi ; "Médecin des pauvres", il militera encore ; ... jusqu'à son dernier souffle, nous ont rapporté ses amis et ses camarades.  Concrètement, c'est en 1944 qu'il donnera son adhésion au P.C.F., au "parti des fusillés", comme il était qualifié à l'époque (3). «  Comme Picasso !...  » aimait-il répéter avec amusement.  Il sera élu au Bureau Fédéral du parti communiste de la Charente en 1947... et on l'encouragera à revenir, à 30 ans, dans la ville de sa jeunesse.  C'était un des rares membres de la direction départementale à posséder une voiture ; la quasi-totalité circulait à vélo (19). Pourtant, il effectuait le plus souvent ses visites médicales à pied et prêtait volontiers son véhicule à tous ceux qui le lui demandaient.  Il sera de très nombreuses fois candidat, pour son parti, à différentes consultations électorales   (nous n'évoquerons pas les élections cantonales).
    
    
    
    
              A  Elections municipales d'Angoulême  (Evènements marquants ; histoire non exhaustive)
      Il sera d'abord élu conseiller municipal (à partir de 1947, jusqu'en mars 1959), puis maire-adjoint de Jean-Michel BOUCHERON en 1977, puis encore pour un temps en 1983.
       Tête de liste PCF en avril 1953 (9 élus), il pouvait même prétendre logiquement devenir maire et battre Roger BAUDRIN (indépendants et gaullistes du RPF, 13 élus) si les socialistes, distancés (SFIO, 5 élus) menés par Pierre BODET, l'avaient soutenu au "3è tour". L'abstention - vécue comme une trahison  socialiste, lors de l'élection du maire - fera le jeu de BAUDRIN et THEBAULT ; BODET devenant... 1er maire-adjoint de BAUDRIN, devant THEBAULT ! Amère déception pour l'équipe FERRAND, BERODY, CHAUMETTE, etc (3) (20) (presse de l'époque).  Ambitieux et opportuniste, Pierre BODET s'est montré ingrat en oubliant allègrement que Gaston FERRAND lui avait sauvé la mise quand Philippe PETAIN l'avait évincé en 1941 d'une fonction publique arianisée ! (cf. chapitre I) (7).  Les alliances "contre-nature" (on utilisait alors peu le mot magouille, argotique) vont se poursuivre de plus belle pour le vote des commissions, en ce printemps 1953. Le comble sera atteint lorsque le médecin se verra même évincé (mais oui...) de la commission administrative dite "des hôpitaux" (Hôtel Dieu/"Beaulieu" et "Girac") !! (3).
    
    
     En 1955, "Louis" rate le fauteuil de maire une nouvelle fois, lors de la crise municipale du 28 février ; Henri THEBAULT, enseignant catholique d'origine bretonne, quelque peu populiste, devient maire. «  Les radicaux l'ont laissé faire... pour éviter le communiste Ferrand  » (sic) résume Laurent MAURIN (20).  En juin 1958 - en pleine campagne de référendum - THEBAULT, se disant héritier de Paul DEROULEDE (21) et soutenant l'U.D.C.A. de POUJADE, l'Ecole Libre et l'O.A.S., crée une crise politique locale en démissionnant - sans réel motif - avec 12 de ses conseillers. Après une vacance du pouvoir de 3 mois, le préfet l'oblige à convoquer le conseil municipal le 1er octobre. Des élus opposés à THEBAULT (de toutes tendances) seront frappés, blessés, par des membres d'un occulte "comité de salut public" : Maître GRISONI, MRP ; Léon BERODY et Lucien FERRAND, PCF. Raoul BOUCHERON, leader SFIO - qui sera élu maire par intérim en décembre 58, au bénéfice de l'âge - et Louis FERRAND doivent partir dans des voitures de fonction des R.G., pendant que la police évacue la salle... (20).
    
    
                        En mars 1959, les listes SFIO (Raoul BOUCHERON) et PCF (Louis FERRAND) sont éliminées. La liste THEBAULT (devenu gaulliste, après avoir été MRP, RPF, Indépendant-paysan) passe en entier ; l'opportunisme a payé (3) (20).  En mars 1965, le PCF et le PSU (Parti Socialiste Unifié) s'associent et arrivent en 3ème position derrière THEBAULT (RDIC) et BENOIT, sous-préfet (EAA ) (25).  Louis FERRAND ne reviendra au conseil qu'à l'issue des municipales de 1977. Après avoir remporté le 1er tour (7363 voix ; 41,37%), Maître Roland CHIRON, candidat des droites unies, sera battu au second tour. Louis FERRAND fera un beau score (4368 voix ; 25,4%) en venant talonner Jean-Michel BOUCHERON (PS) (4877 voix ; 27,4%). Son désistement "républicain" (qui prévalait avec le "programme commun") lui vaudra un siège d'adjoint au maire (responsable de la santé et du social),... jusqu'après leur réélection en 1983. "La Charente Libre", qui l'a régulièrement éreinté dans le passé, se montre du reste tactiquement reconnaissante : «  Le PCF a mené une campagne extrêmement active. Le docteur FERRAND a été la meilleure tête de liste du P.C. que ce dernier ait eu depuis longtemps  » (sic) (3) (9).
    
    
    
    
                        B - Elections législatives
     
      A de nombreuses reprises, le médecin angoumoisin fut candidat aux législatives pour le PCF.  C'est lors de sa première tentative en juin 1951, qu'il échoue de peu pour 16 voix, à la députation. Alors même que son camarade Jean PRONTEAU retrouve son siège gagné en 1946, Louis FERRAND totalise 46 763 voix, alors qu'il en fallait 46 779 pour être député (3).  Il est surtout victime de l'inique «  loi des apparentements  ». Mode d'élection très complexe (ayant nécessité plusieurs navettes avec le Conseil de la République) elle est promulguée en hâte le 9 mai 1951, à la veille du scrutin (22).  Le journal "L'Humanité" parlera de «  scrutin de voleurs  » (sic), et le Général DE GAULLE la qualifiera «  d'ignominieuse  » (sic).
    
    
      FERRAND joue encore de malchance le 2 janvier 1956, alors que le PCF - à son apogée en Charente (30%) - obtient 2 élus, les 2 premiers sur la liste (Jean PRONTEAU et André SOURY). Il ne figurait qu'en 4ème place (avec le 2ème score) : PRONTEAU  48 544 voix, SOURY 47 004 voix, BERODY 46 816 voix et FERRAND 47 705 voix (3).
    
    
     En novembre 1958 comme en novembre 1962, on retrouvera le docteur FERRAND suppléant de Jean PRONTEAU, battu les 2 fois par Raymond RETHORE (3) (20).  
    Lors de son dernier combat législatif en 1978, il arrive 3ème sur 8 concurrents au 1er tour : BOUCHERON (PS) (28,8%), RETHORE (RPR) (22,8%),  FERRAND (PCF) (20,3%), CHIRON (DM) (11,5%) réussissent les meilleurs scores. Comme à la mairie d'Angoulême, il favorisera loyalement l'élection du premier, au second tour (3).
    
    A 61 ans, il avait mené une campagne "tambour battant", incluant de nombreuses visites d'usines "en lutte" (Papèteries, Télémécanique (18), etc).
    
     Politiquement parlant, les différents témoignages le dépeignent comme un militant atypique et non dogmatique, non sectaire. Il apparaît aussi innovant et original en ce domaine qu'il pouvait l'être professionnellement (dans l'approche de la M.P.P. par exemple).  S'il partageait l'essentiel des analyses de fond, il savait être critique sur le fond, comme sur la forme des propositions se voulant démocratiques , faites par la direction départementale de son parti.  Presqu'un "  électron libre" ; en toute occasion, un homme libre (3) (9).
    
    
    
    
                        C  Le militant de la Paix
     C'est vraisemblablement la facette la plus méconnue du personnage. Chef de clinique spécialisée ou militant politique, il était condamné à se mettre en avant ; dans l'action pacifiste, il oeuvrera certes collectivement  mais dans la discrétion et l'anonymat. Dés la Libération, il s'engage dans l'organisation internationale "Le Mouvement de la Paix", qui se fera vite connaître par son emblème (en 2011, on dirait logo)  reconnu universellement : la colombe de la Paix de Pablo PICASSO. Le charisme du jeune médecin trentenaire est tel qu'on le retrouve rapidement dans la direction collégiale de la délégation de la Charente.  En 1947, le "Congrés mondial des partisans de la Paix" devait se tenir à Sheffield (GB) ; mais le gouvernement travailliste interdisait – à la dernière minute – l'entrée sur son territoire des principaux dirigeants, dont Yves FARGES et Frédéric JOLIOT-CURIE, Haut-Commissaire à l'Energie Atomique.  Sur le champ, décision fut prise de tenir congrès dans la ville martyre Polonaise de Varsovie [est-il besoin d'évoquer le Ghetto ?]. Quatre jours plus tard, la 1ère séance s'ouvrait en présence de 2000 représentants, de 80 pays. Une intelligentsia progressiste à l'époque. Deux Charentais, désignés par les militants, étaient présents à ce rassemblement universel : le cheminot Georges HEMON et le docteur Louis FERRAND (3).
    
    Ce congrès fondateur du Mouvement eut un grand retentissement sur le plan international.  Louis participera à d'autres congrès nationaux ou mondiaux. En avril 1949, le "Congrès de la Paix" se tient à Paris, salle Pleyel ; il est bien sûr placé sous le signe de la colombe de PICASSO... qui va devenir papa ! (23).
    
    Définitivement, les partisans de la Paix seront qualifiés de "colombes"  ; a contrario les partisans de la Guerre deviendront des "faucons" (pour ne pas dire des vrais ; NDA revendiquée). En 1950, ce sera la Suède et le fameux "Appel de Stockholm" - lancé le 18 mars par le Mouvement de la Paix - pour interdire l'arme atomique ; et plus précisément dirigé contre l'utilisation annoncée de l'arme nucléaire, par les Etats-Unis, dans le conflit de Corée.  Sa vie durant, Louis n'aura de cesse de militer pour la Paix (3)... en Indochine, en Algérie, etc. Avec d'autres, il se muera en  "globe-trotter" du pacifisme. Condamnés à abréger, il nous faut pourtant mentionner que son engagement contre la guerre d'Algérie lui vaudra des représailles occultes, perpétrées par les factieux. Son véhicule, stationné devant son cabinet médical sera en effet "plastiqué" par l' O.A.S. (Organisation de l'Armée Secrète), favorable à "L'Algérie Française" (24).  On peut perdre la vie en étant pacifiste (la preuve par Jean JAURES). FERRAND, ce jour là, échappa à la mort.  Il sera de tous les combats pour un "Vietnam Libre !" et indépendant, pendant les meurtriers et défoliants bombardements américains. Pour la reconstruction de ce pays, il versera régulièrement de fortes sommes (via le Mouvement de la Paix) pour accompagner médicalement ce peuple. Dixit le trésorier Charentais du Mouvement (3).
    
    
    
    ***
     Arrivés au terme de notre petite enquête, le médecin de campagne Coulgentais du début, nous apparaît véritablement comme un bienfaiteur, un intellectuel progressiste, un humaniste peu commun qui force l'admiration ; son parcours ayant été un passionnant et perpétuel combat. Sa qualité d'écoute, son élégance, sa grande humilité dans toutes les actions entreprises, ajoutaient encore à son prestige qui contrastait pourtant avec sa modestie naturelle et son souci de mesure. Il se défendait souventes fois d'être savant par une pirouette humoristique...  Hardi bâtisseur d'une clinique... aux 25 000 enfants, médecin «  des femmes  » ; militant multiforme ne manifestant aucune lassitude ; comment a-t-il pu mener de front autant d'activités énergivores ? Il n'a pas édité de "Mémoires", ni publié ses "secrets" ; aussi avons nous résumé dans ces pages ce que différentes personnes nous ont rapporté. Au fil des lectures et des rencontres, l'empathie a grandi pour celui qui  était méconnu de nous. Réhabilitation hagiographique ? Sans doute.  Et même si cette valeur se trouve quelque peu fanée, voire ringarde, en ce début XXIème, nous avons la claire certitude que le sentiment permanent qui a prévalu pour cette figure Charentaise était celui de «  faire le bonheur du peuple  ».
                                                                                             Jacky Merle
    
     
             Vifs remerciements pour leur aide précieuse :
    
            
    
                  aJean-Marie Grosseau de Brie                     
    
            aMadame Hontarrède de Ruelle
    
            aMarie-Claude et Jean-Marie Lescurat (fille et gendre de L.F.) de Saint-Mary
    
                  aRémy Merle de Coulgens
    
                  aAndré Précigou de Magnac sur Touvre
    
                  aAlain Proux-Delrouyré d'Angoulême
    
                  aSecrétariat de Mairie de Coulgens (Madame la secrétaire)
    
            aRobert Vergnaud d'Angoulême
    
    
    
    
             Notes et orientation bibliographique :
    
    
    (1)   Etudes locales n° 19 de décembre 2002.
    
    (2)   A.D. Charente : cote J 868 – dépôt 1950.
    
    (3)   Un grand nombre d'informations, que nous réutiliserons ici et là, ont été assemblées et fournies par André Précigou, ami de Louis Ferrand,
    
    (4)   Claude ROY : voir son  autobiographie (dont l'adolescence charentaise) in "Moi je" Gallimard Nrf 1969.
    
    (5)   L'autre Jarnacais, François Mitterrand, fréquente à la même époque le lycée privé "Saint-Paul" qui côtoie "Beaulieu". Louis et François ne se connaissent «  que de vue  », selon les termes du premier.
    
    (6)   Yvon PIERRON "Ma Charentaise et moi"  – Edition Arléa (J.Cl. Guillebaud) 1994. Livre majoritairement consacré à James RONDINAUD (La Rochefoucauld 1920-1999 Angoulême) et minoritairement à son épouse Lucienne (Montemboeuf 1924-1997 St-Projet).
    
    (7)   Pierre BODET (Bazac 1893-1962 Angoulême) a donné son nom au collège de "Ma Campagne", qui jouxte le LISA à Angoulême. Voir sa notice in "Dictionnaire biographique des Charentais". Le Croît vif 2005... qui n'en réserve bizarrement aucune au docteur Ferrand, grand absent de cet ouvrage. Omission ou censure feutrée ?
    
    (8)   Jean TALBERT (La Flèche 1878-1947 Angoulême) Inspecteur d'Académie de la Charente, créateur de la première revue historique intitulée "Etudes locales" (273 numéros de mai 1920 à décembre 1948). Le numéro 267 posthume de janvier 1948 est tout spécialement consacré à la biographie du fondateur.
    
    (9)   Discours prononcé par Rémy MERLE, Maire de Coulgens, lors de l'inauguration des rues du bourg, le 8 mai 1998, en présence des élus et autorités civiles et militaires conduites par le Préfet de la Charente. Sera partiellement repris en 2002, dans son article pour E.L. (1).
    
    (10)                       Arrêté du 14 septembre 1944, signé Joseph GARNIER. Le signataire est chargé des fonctions préfectorales de la Charente par le Gouvernement Provisoire de la République.
    
    (11)                       Après vérification, la nomenclature des rues d'Angoulême, incluse dans notre "Almanach du Facteur" 2011, ne fait pas apparaître de rue "FERRAND"... mais une impasse CHARDONNE, une rue COUSTEAU, un boulevard THARAUD, un boulevard THIERS (pour célébrer le 140è anniversaire de la Commune) !
    
    (12)                       La tempête de 1999 a emporté une ordonnance (autographe et signée L.F.) de cette époque, qui faisait office de signet marque-page dans un ouvrage historique relatif au chef-lieu. L'en-tête mentionnait le nom de la rue.
    
    (13)                       Il convient toujours de se méfier de l'interprétation multiple des sigles car, dans le quartier "Marengo" à Angoulême, M.P.P. signifiait aussi "Maison des Peuples et de la Paix".
    
    (14)                       Docteur Fernand LAMAZE - "Qu'est-ce que l'Accouchement sans douleur" - Editions La Farandole 1956 et augmentée 1969 ; sous-titre «  par la méthode psycho-prophylactique... ses principes / sa réalisation / ses résultats  » 256 pages ; avec un portrait de LAMAZE en frontispice (cf. photo).
    
    (15)                       Rencontre à Ruelle en 2002 ; lorsque nous hésitions entre la biographie de Marie GOUNIN et celle de Louis FERRAND. Les éléments pour ce dernier étant trop abondants, un complément d'enquête étant nécessaire, nous avions opté pour la poétesse inhumée à Coulgens (1).
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    (16)                       Docteur Louis FERRAND "Conseils de Puériculture à nos jeunes mamans". Auto-édition, sans date. Imprimerie Générale Charentaise (I.G.C.) Angoulême. Le nombre de tirages est inconnu ; sans doute des milliers d'éditions revues et augmentées. Ce recueil était gracieusement offert à chaque parturiente par l'obstétricien. Notre opuscule qui compte 58 pages a été personnalisé par la maman avec soin : "L'échelle de développement psychomoteur de la 1ère enfance" (1 à 24 mois) (pages 43 à 48) est annotée, à la plume et au crayon. (Son chérubin marchait à 11 mois½, alors que la norme de l'époque était de 15 mois...)  (cf photo du livret),
    
    (17)                       Fin XXème, sur un mur de cette rue du Docteur LAMAZE, à Soyaux, était encore lisible, la peinture noire délavée de : "LA PANTOUFLE d'Angoulême"....
    
    (18)                       Propos rapportés par Jean-Marie GROSSEAU de Brie, Technicien de maintenance émérite à la "Télémécanique" puis à Schneider-Electric ; représentant syndical, élu au C.E.
    
    (19)                       Maurice LAPLAGNE de la Rochefoucauld, père d'André, allait à Angoulême à bicyclette, en 1947. Chaque réunion en soirée occasionnait un périple de 52 km, avec retour en nocturne (dont traversée de la Braconne). Le militant se devait d'être sportif et rempli d'abnégation.
    
    (20)                       Laurent MAURIN - "Pour une histoire du département de la Charente" (1953-1970) (La croissance). Le Croît vif – mars 2011. Louis Ferrand est absent des "biographies charentaises" de la fin de l'ouvrage.
    
    (21)                       Paul DEROULEDE (1846-1914) "Poète-soldat", écrivain , châtelain à Langély sur la commune de Gurat. Disciple du Général Boulanger et chef revanchard de la "Ligue des Patriotes".Il fut député de la Charente à la fin du XIX ème siècle.
    
    (22)                       Le Chasseneuillais Guy PASCAUD (1904-1979) et le Jarnacais Pierre MARCILHACY (1910-1987), membres de ce Conseil (disons Sénateurs) depuis 1948, sont les parrains Charentais de cette loi décriée. Alors qu'elle a défrayé la chronique et fait couler beaucoup d'encre à l'époque, elle est passée sous silence dans le dernier ouvrage paru qui traite des élections en Charente (20).
    
    (23)                       Pablo PICASSO (Malaga 1881-1973 Mougins). Sa compagne Françoise GILLOT, 28 ans, accouche d'une fille le 15 avril 1949, pendant le Congrès de Paris.
    
    Attaché au symbole, et supporter du ''Mouvement'', PICASSO lui donne comme prénom Paloma (colombe, palombe, en espagnol).
    
                      (24) Le Colonel ARGOUD, ancien chef de l' O.A.S., écrivait : «  Les suspects sont torturés, puis                        éliminés, si nécessaire  » (sic) dans un livre, en 1974 (cf ''Le Canard enchaîné" du 08/06/11)
    
                      (25) «  Liste d'Union Démocratique, d'Action Laïque et de Progrès Social ». PCF et PSU avaient
    
                            des positions communes contre le colonialisme (Afrique, Asie), contre la guerre d'Algérie.
    
                            Profession de foi conservée par Robert VERGNAUD, co-listier de Louis F., Léon BERODY,               Roger DOCHE, et 29 autres candidats. Instituteur Charentais, il est en 1965,  directeur de
    
                            l'école ''Jules Ferry''. Il nous a cédé 3 cahiers (sur vélin d'Angoulême quadrillé) où sont                            collés des articles (La CL et SO) utilisés pour l'instruction civique des CM2 angoumoisins en                       1964 / 1965.
    
    
                 
    
    
                                                                                                            Jacky  Merle
    
      
    
    
    
    Livre écrit en 1955  Edition revue et augmentée 1969      
     
 
Parti Communiste, Fédération de la Charente: 150 Rue de Paris 16000 Angoulême