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[Jérémy Bacchi] Discours des voeux 2018

Lundi 29 Janvier 2018 - Maison des communistes

Mes chers amis, mes très chers camarades,

 

Je suis ravi de vous voir si nombreuses et nombreux ce soir parmi nous. Une cérémonie de vœux marque la fin d’une année et le début d’une nouvelle. Aussi, c’est souvent l’occasion de tirer le bilan de l’année écoulée, mais surtout de tracer des perspectives pour l’année à venir.

Je n’échapperais donc pas à la tradition, car nombreuses sont les attaques que nous avons subies en 2017, mais au moins autant nombreuses sont les perspectives pour l’année à venir.

Mais avant d’aller plus loin, j’aimerais inviter à mes côtés les salariés de l’AP-HM. Des salariés qui se battent depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois même pour défendre l’hôpital public et l’accès aux soins pour tous. Des salariés qui n’hésitent pas à remettre en cause l’ordre libéral, car elles et ils considèrent que la santé est droit et un bien trop précieux pour qu’elle soit marchandisée. En effet, depuis de nombreuses années l’hôpital public est attaqué : baisse de moyen, suppression de lit, réduction des effectifs et j’en passe… Le président Macron et son gouvernement ne semblent pas s’en offusquer outre mesure. Pire, ils décident d’accélérer la casse de notre hôpital en mettant en place un chantage honteux sur la table. Ce chantage quel est-il ?  Débloquer 300 millions d’euros pour l’AP-HM, mais avec une contrepartie : supprimer plus de 900 emplois. Comment peut-on imaginer un seul instant que l’hôpital, déjà au bord de l’asphyxie par manque de personnels, fonctionnerait mieux avec 900 agents de moins ? Comment peut-on imaginer un seul instant lutter contre le chômage en multipliant les plans de licenciement ? Enfin comment peut-on, dans une ville où près de 30% de la population vit en dessous de seuil de pauvreté, imaginer une seule seconde que ces mesures seraient de nature à favoriser l’accès aux soins pour toutes et pour tous ?

Mes chers amis, mes chers camarades, ne cherchez plus, ils n’y croient pas un seul instant. Bien loin des préoccupations des populations, notre gouvernement entend continuer le travail de sape de l’hôpital public que ce soit ici avec l’AP-HM, à Aubagne, à Arles ou encore à Martigues. Plus encore c’est notre système de protection sociale qu’il entend détruire.

Dans la loi de financement de la sécurité sociale, le gouvernement poursuit le travail de réduction à peau de chagrin de la contribution des employeurs au financement de la protection sociale. Cela vise à réduire la part de l’intervention publique dans les dépenses de santé publique, en harmonie avec les lois Bachelot et Touraine, conduisant à la restructuration de notre système de santé, sa privatisation et sa financiarisation. Et l’augmentation de la CSG relève de la même philosophie : fiscaliser la protection sociale.

Plus que jamais, le Parti Communiste Français entend défendre notre système de protection social, système révolutionnaire, hérité de nos ainés, je pense notamment à Ambroise Croizat. Système qui fait ses preuves depuis plus de 70 ans et fait des envieux dans le monde entier. Nous serons aussi aux côtés des professionnels de santés, des agents du service public et des usagers qui luttent pour un système plus solidaire, libéré des puissances de l’argent.

 A l’inverse des politiques mises en œuvre depuis tant d’année, nous nous prononçons contre la fermeture de lits et d’hôpitaux, pour la remise en cause de la tarification à l’activité et de la loi HPST, dite loi Bachelot, qui sont deux non-sens sanitaires et sociaux. Plus que jamais nous avons besoin d’une santé de proximité qui réponde aux besoins des populations, avec plus de moyens, et plus de professionnels de santés et d’agents pour la mettre en œuvre, c’est pourquoi nous devons nous faire entendre plus fort et par le plus grand nombre sur l’exigence du 100% sécurité sociale.

 

Alors comme promis, permettez-moi de revenir un peu en arrière, et tirer le bilan de cette année 2017. Une année que l’on pourrait qualifier d’année riche en surprise, mais aussi d’année riche pour les riches.

En effet, l’année 2017 fût une année marquée par l’élection présidentielle et les élections législatives. Je ne reviendrai pas sur les déboires du pauvre François Fillon, enfin quand je dis pauvre je me comprends. 2017 a donc vu l’élection d’un nouveau président de la république Emmanuel Macron. A en croire les médias et les observateurs plus ou moins avisés, son élection fût le signe d’un renouvellement de la classe politique, et de l’ouverture de la politique vers la société civile. Société civile, ça y est le mot est lâché. Cette nouvelle génération d’élus En Marche ! Toute issue de la société civile, des ministres à l’image de la société, bref le monde idéal ! Quelle ne fût pas ma surprise le 15 décembre dernier lorsque nous apprenions dans la presse le patrimoine de nos chers, de nos très chers même, ministres. Avec 12 ministres millionnaires voire multimillionnaires sur 22, voici donc la vision de notre président quand il parle de gouvernement à l’image de la société. Peut-être voulait-il plutôt parler des sociétés du CAC 40 plutôt que de LA société. Toujours est-il qu’il existe une constante dans la composition du gouvernement et la politique mise en œuvre : une politique en faveur des riches.

L’appel aux électeurs de la Commune de paris de 1871, n’a malheureusement jamais été autant d’actualité. Je cite :

 

« Citoyens,

Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes (et je rajouterai des femmes) du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres.

Le Comité Central de la Garde Nationale »

 

Lorsque l’on regarde la composition de l’Assemblée nationale et du gouvernement, on ne peut que se demander si le suffrage censitaire n’a pas toujours cours dans notre pays.

 

Il n’aura donc pas fallu attendre longtemps pour voir les mauvais coups pleuvoir : Augmentation de la CSG, baisse de l’APL, suppression de l’ISF, ordonnances et j’en passe….

Permettez-moi de dire un mot sur la baisse des APL. Cette baisse de 5 euros par mois pour 6 millions de foyers est censée rapporter 360 000 000 millions d’euros par an aux caisses de l’Etat. Dans le même temps, la réforme de l’ISF va coûter près de 4 milliards aux caisses de l’Etat tout ceci pour faire un cadeau doré aux 300 000 français assujettis à l’ISF. Quelle indécence et quelle honte !

« Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu'ils ont des talents, je veux qu'on les célèbre [...] Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c'est toute la cordée qui dégringole »

C’est avec ces mots qu’Emmanuel Macron intervenait lors de son interview de TF1 au mois d’octobre dernier. Outre le fait que cela renforce encore un plus l’image d’un président des riches au service de la finance, une question me vient immédiatement à l’esprit. Qui sont ces fameux premiers de cordée dont parle notre cher président ?

La réponse est sortie le 5 novembre. En effet, en s'appuyant sur plus de 13 millions de fichiers, provenant de deux cabinets d'avocats spécialisés dans la finance offshore et de 19 paradis fiscaux, les « paradise papers » révèlent les montages financiers complexes pour échapper à l'impôt ou dissimuler des relations d'affaires gênantes.

Si je comprends donc bien, le président de la république et son gouvernement, organisent chaque jour depuis son élection la casse méthodique du code du travail, d’un certain nombre de conquêtes sociale, afin de favoriser l’entreprise, de favoriser l’entreprenariat, qui selon eux, fidèle à leur théorie du ruissellement, bénéficierait in fine, à l’ensemble de la population.

Or, nous voyons bien à travers ce nouveau scandale, comment ces fameux premiers de cordée, font tout pour échapper à l’impôt et donc à la solidarité nationale en créant des filiales basées dans des paradis fiscaux.

L’évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 80 et 100 milliards d’euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe. Conséquences de la lutte inexistante de nos gouvernements, l’école, la culture, l’hôpital, la justice, les équipements publics, les collectivités perdent des moyens considérables pour répondre aux besoins des citoyens. Cette austérité qui mine l’État gangrène la démocratie et ouvre la porte aux extrémismes.

Plus que jamais nous devons aller vers la tenue d’une COP fiscale mondiale. Je tiens à ce propos à saluer le travail des frères Eric et Alain Bocquet, parlementaires communistes qui viennent de recevoir le prix Ethique de l’association de lutte contre la corruption Anticor pour leur rapport anti-fraude fiscale.

D’ailleurs permettez-moi ici de remercier et de féliciter le travail réalisé par nos parlementaires au premier rang desquels Pierre DHARREVILLE député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône. En effet, un travail titanesque s’est engagé à l’assemblée et au Sénat, pour résister aux attaques d’Emmanuel Macron, tout en travaillant à la construction d’une société plus juste et plus humaine. Je suis heureux de pouvoir compter sur des parlementaires de ce niveau, à commencer par toi mon cher Pierre.

 

2017 aura aussi été le théâtre d’évènements plus positifs que les attaques que nous subissons, au premier rang desquels la libération de la parole des femmes. Mais plus que de libération de la parole, je préfèrerais, parler de la libération de l’écoute ou de la prise en compte de ces questions. En effet, de tout temps, les femmes se sont battues pour leurs droits, contre la domination patriarcale, que les injustices dont elles étaient victimes. C’est juste que la société ne les entendait pas ou plutôt ne voulait pas les entendre, tant notre société est marquée par le patriarcat. L’affaire Harvey Weinstein, a permis à ces questions d’égalité femme-homme, de harcèlement de rentre avec force et fracas dans le débat public, et c’est une bonne chose, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous devons aller plus loin et favoriser encore plus l’expression de ces centaines de milliers de femmes qui chaque année sont victimes d’agression.

D’ailleurs Karl Marx dont nous célébrons le 200ème anniversaire de la naissance cette année, ainsi que le 170ème anniversaire du manifeste du parti communiste expliquait la position de la femme dans la société et au sein de la famille en ces termes : « Dans la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat.”

Avec #MeToo et #BalanceTonPorc des femmes ont dit NON au harcèlement et au silence qui l’entoure.

Mais ce n’est pas suffisant, il faut continuer de changer ces choses que nous ne pouvons plus accepter :

    Toutes les violences faites aux femmes, de tous les âges, dans toute la société. Rien qu’en France, plus de 130 femmes ont été victimes d’un féminicide en 2017, pendant que le nombre de personnes victimes d’un viol est estimé à 75 000.

    Dans le travail, l’égalité femmes/hommes est loin d’être acquise : 27% d ‘écart de salaire moyen (40% d ‘écart dans les retraites), les personnes en contrats aidés, en contrats précaires, en temps partiel imposé ou subi, ou dans les métiers les moins bien payés sont très majoritairement des femmes.

    Les femmes sont également les plus touchées par la pauvreté, et ressentent lourdement les politiques d’austérité, les régressions dans les services publics, les diminutions des aides aux associations, etc.

    Beaucoup de migrants sont des migrantes, de plus en plus de SDF sont des femmes, souvent avec des enfants.

    Partout dans le monde, les droits des femmes à disposer de leur corps, à avorter, à avoir des relations sexuelles comme et quand elles le veulent, à être une femme tout simplement sont remis en question sous couvert de morale, de religion ou de manque de budget.

 

Notre parti a longtemps été à l’avant-garde du combat pour l’émancipation et la libération de la femme. Nous devons sans plus attendre prendre un certain nombre d’initiative localement pour faire grandir nos propositions. Cette question est centrale pour l'avènement de la société émancipée pour laquelle nous nous battons. C'est une question qui nous concernent toutes et tous car une société dans laquelle les femmes sont dominées c'est une société où les hommes sont aliénés, enfermés dans une position sociale archaïque. L'émancipation des femmes, c'est l'émancipation de la société toute entière.

 

2017, comme 2016 malheureusement aura vu des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes périr en mer. Des femmes et des hommes fuyant l’atrocité des combats, fuyant la misère ou l’esclavagisme et à la quête d’une vie meilleure. Qu’ils ou qu’elles soient de Libye, de Syrie, d’Afghanistan ou d’où je ne sais où, leurs conditions d’exode et pire encore leurs conditions d’accueil sont inadmissibles pour un pays comme la France. Des personnes qui fuient les guerres provoquées par les intérêts économiques des grands groupes et grandes puissances capitalistes au premier rang desquels se trouve la France.

Qu’il est loin le temps où la France était la patrie des droits de l’Homme. Comment accepter l’inacceptable ?  Quelle honte pour un pays se disant civilisé. Alors que la France s’était engagée en 2016 à accueillir près de 23 000 migrants, elle n’en a dans les faits, accueillie que 10 fois moins. Pire, le ministre de l’intérieur sur ordre du chef de l’Etat, poursuit sa traque sans relâche du moindre migrant. Pire, avec son projet de loi asile et immigration, Gérard Collomb entend durcir encore un peu plus les conditions d’accueils et renforcer les reconduite à la frontière. Alors que dans le même temps en Autriche, le nouveau ministre de l'Intérieur Herbert Kickl (FPÖ, extrême droite), propose de je cite « concentrer les migrants dans des camps ». Nous voilà replongé dans les heures les plus sombres de l’humanité. Permettez-moi de dire également un mot sur le sort des migrants mineurs laissés à l’abandon.

Pour le Parti Communiste Français la question des Mineurs Non Accompagnés est une question éminemment politique mais elle revêt aussi une dimension éthique. Alors que l’union européenne affirme avoir perdu la trace de plus de 10 000 d’entre eux, laissant craindre le pire quant à leur devenir, nous réaffirmons avec force notre attachement à la convention relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989 et nous considérons que les dispositifs de la protection de l’enfance doivent s'appliquer et qu’aucun dispositif dérogatoire au droit applicable à tous les enfants ne saurait être accepté. Pour nous ce qui doit primer dans l'accompagnement et la prise en charge de ces enfants n'est pas leur statut d'étrangers mais bel et bien leur statut d'enfants. La présomption de minorité doit être une règle appliquée dans tous les départements et dans toutes les juridictions. Pour le PCF ramener cette question à la seule question financière et à la régulation des flux de places en foyer est inacceptable et intolérable et cela en dépit du droit international et communautaire mais aussi interne. 

                                           

Qui peut laisser croire que ce n'est pas à la porter de la France que de garantir le respect des droits fondamentaux pour des enfants ?

Notre parti va d’ailleurs rédiger l’écriture d’un manifeste pour une autre politique d’accueil et de migration.

Pour nous il s’agit aussi de renforcer les équipes de travailleurs sociaux, de faire respecter le droit et d’adapter les moyens du schéma départemental de protection de l'enfance au regard des besoins.

La fédération du Parti Communiste Français sera en 2018 de toutes les initiatives de solidarité concrète comme ça le fût en 2017 avec des collectes de vêtements des rassemblements devant les centres de rétentions pour empêcher des expulsions, ou encore en parrainant des migrants et en les accompagnants dans leurs démarches. Mais nous travaillerons aussi à faire bouger l’opinion publique et les pouvoirs publics avec des initiatives plus larges et plus visibles comme se fût le cas en marge du forum européen de Marseille avec un grand Happening sur le Vieux-Port.

 

 

Vous l’aurez compris, 2017 fût une année rude pour les droits des travailleurs, pour la paix et la liberté. Mais des possibles existent, et nous devons faire de 2018 l’année de tous ces possibles.

 

Faisons de 2018 une année de reconquêtes et de conquêtes nouvelles pour les jeunes, les retraités et les salariés de ce pays. Nous subissons depuis trop longtemps les attaques des politiques libérales mises en œuvre depuis plusieurs gouvernements maintenant. L’essence même d’un parti comme le nôtre, d’un parti clairement révolutionnaire, est bien sûr de résister aux mauvais coups portés par le capital, mais notre rôle est aussi d’être une force de proposition, une force qui cherche à transformer l’existant et qui ne se contente pas simplement de défendre les conquêtes sociales obtenues jadis par nos ainés. D’ailleurs cette année, ce sera l’occasion de célébrer les 50 ans des évènements de mai 68. Il ne s’agit pas là de verser dans la nostalgie, mais plutôt de pouvoir mettre en évidence le rôle majeur du peuple dans la réalisation des changements profonds qui ont bousculés notre société. En effet, sous l’impulsion de la jeunesse, et grâce à des grèves inégalées depuis, rappelons-le, plus de 10 millions de grévistes dans toute la France, nous avons été en capacité d’arracher au capital 30 % d’augmentation des salaires.

 

Certains d’entre nous ont pu parfois se laisser gagner par la résignation, face au rouleau compresseur libéral que nous devons affronter. Mais à bien regarder l’histoire, c’est précisément dans les moments les plus durs que le camp progressiste a su trouver les ressources pour imposer aux forces du capital des changements profonds. En 1871, alors que la France sort affaibli d’un conflit avec la Prusse, le peuple de France que ce soit à Paris, à Marseille ou dans tant de villes en France, a eu le courage et la force de s’organiser en Communes pour mettre en place un nouvel ordre économique et social.  En 1917, alors que l’Europe est plongée depuis 3 ans dans une guerre qui fait déjà plusieurs millions de morts, les bolcheviks réussirent à renverser le Tsar et le pouvoir absolu. En 1936, alors qu’Hitler est élu depuis 3 ans en Allemagne, alors qu’en France les ligues fascistes manifestent dès février 34 pour abattre la république, nous avons été en capacité de construire le front populaire, qui reste aujourd’hui encore, un repère pour tous les progressistes. Dans les heures les plus sombres du XXème siècle, durant la seconde guerre mondiale, des femmes et des hommes, des jeunes, ont sacrifié leurs vies pour que triomphent la paix et la justice. Dans ces moments difficiles, ils n’ont pas eu à cœur que de combattre le nazisme, mais ils ont également sans cesse eu à l’esprit de construire le futur.

Alors oui mes camarades, sans comparer aujourd’hui à hier, les temps sont difficiles pour des millions de françaises et de français. Avec près de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, 7 millions de travailleurs pauvres, l’espoir a abandonné bon nombre de nos concitoyennes et concitoyens.

Pire dans ce monde où les richesses crées sont toujours plus nombreuses, les inégalités ne cessent de s’accroitre. J’en veux pour preuve le rapport Oxfam sur les inégalités qui faisait état qu’en 2017, en France, 1% de la population avait capté 82% des richesses créées.

Plus que jamais ce monde a besoin de communisme. Plus que jamais nous devons porter haut l’idée d’une meilleure répartition des richesses, d’un mode de développement débarrassé de l’exploitation capitaliste. Un monde fait de justice et de paix. Tout ceci n’est pas des incantations ou des vœux pieux. Nous avons la capacité, mes camarades, d’inverser le court de l’histoire. Chaque jour dans ce pays des gens luttent et obtiennent des victoires. Pour leurs emplois, pour l’augmentation des salaires, comme c’était le cas la semaine passée à l’usine Altéo de Gardanne, ou encore luttent pour l’amélioration de leurs conditions de travail.

Il est grand temps d’offrir aux travailleurs de ce pays, aux jeunes et aux retraités des perspectives d’avenir plus réjouissantes que l’austérité qu’on leur impose à tout bout de champ depuis tant d’années.

Il est grand temps de reposer la question du partage du temps de travail comme moyen efficace de lutte contre le chômage. C’est pour ces raisons que le Parti Communiste Français milite pour le passage à la semaine de 32h. Le partage du temps de travail passe aussi par la réduction, dans la durée, du temps de travail, c’est pourquoi là aussi nous portons l’idée d’une retraite à 60 ans et à taux plein, et à 55 ans pour les métiers pénibles. Nous devons aussi apporter des réponses concrètes aux travailleurs en œuvrant à la mise en place d’une véritable sécurité d’emploi et de formation, qui garantisse à chacune et à chacun de pouvoir se former tout au long de sa vie sans perte de salaire.

 Dans un monde en proie aux inégalités et aux injustices, je le dis sans hésitation, OUI le communisme est la solution !

C’est d’ailleurs pour faire de 2018 une année de reconquête que les communistes ont décidé de tenir un congrès en novembre prochain. Un congrès qui même dans sa conception se veut être révolutionnaire. En effet, bien loin d’une préparation classique, ce sont les communistes, qui dans les fédérations, dans les sections vont définir les orientations qui serviront de socle à la rédaction d’un texte de base commune. Des communistes qui ont déjà lors de l’assemblée nationale des animateurs de sections ont défini les 4 chantiers jugés prioritaire pour aborder ce congrès. Vous l’aurez compris ce congrès revêt un caractère hautement important non pas seulement pour notre parti, mais bel et bien pour toutes celles et tous ceux qui aspirent à une vie meilleure, à un monde plus juste.

Ce congrès se veut être résolument tourné vers la société et ancré dans l’action. Il ne s’agit pas pour nous de rentrer en conclave durant des mois, bien au contraire, mais de construire avec toutes celles et ceux qui luttent au quotidien, les contours d’une société plus juste et plus humaine.

 Un congrès qui se tiendra quelques mois avant des élections européennes d’une grande importance.

Des élections européennes qui se joueront pour une grande part sur un débat de visions, des élections encore plus idéologiques que programmatiques. Sur la table, les rapports à la mondialisation, la place de la France en Europe.  Il s’agira pour nous de faire émerger notre conception sur l’Europe. Sortir notre peuple de la seule alternative stérile soit du statut quo soit du frexit.

Nous devrons ramener la question européenne sur le terrain de la lutte des classes « contre l’hyperpuissance des marchés, et en faveur de la réponse aux besoins humains ».

Réaffirmons aussi notre vision internationaliste de coopération libre et fraternelle entre les peuples, bien loin du repli identitaire.

 

Enfin faisons aussi de 2018 une année de paix.  De paix partout dans le monde. Alors que nous célèbrerons le centenaire de la boucherie de 14-18, 2017 aura été le théâtre d’une escalade sans précédent des tensions mondiales, sous l’impulsion d’un président des Etats-Unis qui joue les apprentis sorciers. En Corée tout d’abord, où Donald Trump n’a de cesse de souffler sur les braises et d’attiser les peurs et les haines dans une région du monde déjà instable.

Au proche orient aussi 2018 doit être plus que jamais une année de paix. L'annonce du président américain Donald Trump, encore lui, le 6 décembre dernier, de reconnaitre unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël a pour objectif de mettre un point final à tout espoir d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, fondée sur l'application des résolutions de l'ONU d'une solution à deux États et un processus de négociations sous égide multilatérale.

Plus que jamais le Parti Communiste Français apporte son soutien au peuple palestinien et à toutes celles et tous ceux qui dans cette région du monde œuvrent pour la paix en recherchant une solution à deux Etats avec Jérusalem Est comme capitale de la Palestine.

Dans ce combat pour la paix et la liberté permettez-moi de rendre hommage à des militants de la liberté injustement enfermés dans les prisons Israéliennes. Je pense bien évidemment à Marwan Barghouti enfermé depuis maintenant 15 ans, je pense évidemment à Salah Hamouri en détention administrative depuis des mois sans la moindre forme de procès, je pense évidemment à la jeune Ahed Tamimi incarcéré depuis le 19 décembre dernier.

Je pense à tous ces prisonniers palestiniens injustement enfermés. Le Parti communiste appelle à amplifier la mobilisation pour la libération effective de Salah, de Marwan, de Ahed, et la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens qui font face à l'arbitraire.

Enfin comment ne pas parler des atrocités commises par la Turquie contre nos frères et nos sœurs kurdes. J’en profite d’ailleurs pour saluer leur présence parmi nous ce soir et je tiens au nom de tous les communistes à leur assurer de tout notre soutien. En effet, non content d’avoir fait arrêter les élus démocratiquement élus du HDP sous des prétextes fallacieux, voilà aujourd’hui que le président Turc intervient militairement sur le sol Syrien pour y pourchasser nos camarades Kurdes qui luttent depuis des mois maintenant contre la barbarie et l’obscurantisme de DAESH. Depuis 10 jours en effet, l’aviation turque bombarde plusieurs villes de la région d’Efrin, ce canton du nord de la Syrie géré par les Kurdes. La France doit condamner fermement cette nouvelle agression inadmissible, alors qu’elle semblait se montrer il y a encore quelques jours, complaisante avec la Turquie à l’occasion de la venue d’Erdogan à l’Elysée. Nous exigeons de la communauté internationale qu’elle condamne cette agression et prenne des sanctions contre la Turquie. La répression qui s'abat sur les progressistes mais aussi les journalistes est si forte qu'elle empêche l'opinion mondiale de prendre la pleine mesure de la gravité de la situation en Turquie. Je veux ici redire notre solidarité aux journalistes emprisonnés pour le seul fait de réaliser leur travail. Dans bien des pays le pouvoir politique bride leur liberté. Dans le nôtre c'est le pouvoir de l'argent qui remet la presse de plus en plus en cause.

 

Dans ce combat pour plus de paix et plus de justice, nous savons pouvoir compter sur La Marseillaise qui de tout temps a été aux côtés de ce qui luttent.

En effet ce sont les résistants communistes qui ont fondé « la Marseillaise », dans la clandestinité le 1er décembre 1943 pour s’opposer à la barbarie nazie ont conquis les locaux du cours d’Estienne d’Orves par les armes lors de la Libération de Marseille pour en faire le siège de ce nouveau journal défendant l’indépendance national, le progrès social et l’amitié entre les peuples.

Plusieurs années après, lorsqu’il fallut racheter les locaux pour les conserver durablement, une bonne part du peuple de Marseille a contribué dans un formidable élan à une immense souscription, premier acte de solidarité d’une grande série.

Journal régional indépendant des forces de l’argent, « la Marseillaise » a accompagné toutes les luttes sociales et citoyennes de notre territoire durant ses 74 ans d’existence, sans localisme. Au contraire, elle a toujours su faire le lien entre ceux qui se battent pour la justice ici et ailleurs. Elle a relayé les luttes des peuples vietnamiens, algériens, Sud-africains et palestiniens pour leur libération du colonialisme, les luttes des peuples grecs et espagnols pour leur libération du fascisme. Elle s’est toujours placée du côté des exploités, dans le camp des progressistes pour l’émancipation humaine et l’invention d’une société libérée du capitalisme.

Alors qu’en France, comme en Europe, l’ordre néolibéral s’affirme comme un horizon indépassable, « la Marseillaise » résiste encore pour briser la pensée unique que les grands groupes imposent aux titres de presse dont ils sont les propriétaires. En 2005, elle a été le seul journal régional français à défendre le NON lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Aujourd’hui elle est le seul titre régional à prendre le parti des salariés en lutte contre la casse du code du travail décidée par Emmanuel Macron, mais aussi celui des migrants auquel elle a largement ouvert ses colonnes. Elle est le journal des pacifistes, des féministes, des antiracistes, des LGBT, bref, celui des progressistes.

C’est pourquoi dans ces moments difficiles que traverse notre journal, je voudrais remercier toutes celles et tous ceux qui œuvrent au quotidien pour que continue à vivre La Marseillaise. Je voudrais remercier tout particulièrement les salariés du journal, qui dans des conditions souvent difficiles ont toujours eu à cœur que le titre paraisse. Aujourd’hui La Marseillaise a besoin de vous toutes et de vous tous pour continuer à vivre. Entamons de véritables campagnes d’abonnement du journal, faisons vivre la souscription, faisons connaitre notre journal. Nous aurons besoin de vous aussi mercredi, à 8h devant le tribunal de commerce, pour dire haut et fort notre volonté de voir continuer à vivre La Marseillaise. Je sais pouvoir compter sur vous. 

 

 

Enfin je voudrais conclure ce discours de vœux en ayant une adresse particulière à la jeunesse. Une jeunesse qui est en première ligne face aux attaques que subit notre société. Une jeunesse frappée de plein fouet par le chômage, la précarité, l’absence de perspectives. Pire avec la mise en place des ordonnances Macron nous avons vu apparaître les ruptures conventionnelles collectives, qui mine encore un peu plus la situation de l’emploi en France. Mais la jeunesse est aussi celle par qui la reconquête peut arriver. Cette jeunesse qui au travers de l’histoire a toujours su être là où on ne l’attendait pas. Cette jeunesse qui ose, une jeunesse qui rêve cette jeunesse pleine d’audace, une jeunesse qui tient entre ses mains l’avenir. Une jeunesse qui se mobilisera d’ailleurs dès ce jeudi ainsi que le 6 février contre notamment la sélection à l’université. Oui nous nous parions sur l’avenir ! Le dicton dit qui gagne la jeunesse gagne le futur, François Billoux rectifiait en disant qui gagne la jeunesse gagne le présent et l’avenir. Je lance donc un grand appel à toutes les jeunes et à tous les jeunes à rejoindre le Parti Communiste Français, pour construire ensemble un avenir meilleur.

Et comme dit l’adage : le communisme est la jeunesse du monde, alors rassurez-vous si vous avez le sentiment que votre jeunesse est derrière vous, en étant communiste vous resterez éternellement jeunes.

 

Vive la paix !

Vive le Parti Communiste Français !

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